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On se sert des enfants...

18 novembre 2004, 00:00

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Ils disent que ce sont autant de preuves que le fléau de la drogue et de l?alcool commencent à gagner du terrain dans cette localité.

?Si nous continuons à rester passifs. Nous allons certainement devenir complice de la mort de nos enfants?, expliquent les représentants des Forces vives de Cité-Beau-Vallon (FVBV) qui regroupent une centaine de membres.

Ils suggèrent au commissaire de Police, Ramanooj Gopalsingh de demander aux officiers de l?Anti-Drug and Smuggling Unit d?exercer une surveillance plus active pour que les trafiquants de drogue ne se servent pas des enfants comme revendeurs de drogue dans certains endroits spécifiques de la localité.

Incontrôlable...

?Il faut démanteler ces réseaux qui opèrent en toute impunité au su et au vu de tout le monde?, déclarent des mères de familles. ?Si bizin descan dans la ri nou pu fer li?, préviennent d?autres devant une situation, qui selon des animateurs sociaux, pourrait devenir incontrôlable.

Marco Alphonse et Stellio Sookhun secrétaire et président de cette association estiment que la prolifération de la drogue et de l?alcool est liée à plusieurs facteurs :le taux élevé de chômeurs, le manque de loisirs, l?absence de suivi par les élus malgré les multiples suggestions faites par les Forces vives pour améliorer les conditions de vie dans la cité.

?Nous réunissons chaque lundi pour discuter des réalités auxquelles nous sommes confrontés depuis plusieurs années. Et cela, il faut le dire, grâce à l?initiative prise par les jeunes. Mais nous trouvons dommage que nos suggestions ne sont pas prises au sérieux malgré toute notre bonne volonté?, déplorent ces deux porte-parole.

Et des réalisations et des projets, les Forces vives n?en manquent pas (voir plus loin).

Selon leur analyse de la situation, les autorités peuvent venir à bout dce ce fléau, en intervenant avec plus de vigueur pour décourager les jeunes à s?adonner à la drogue. Même si de temps à autre, la police effectue des fouilles pour démasquer les marchands de la mort. Pour combattre l?alcoolisme, les membres des FVBV n?y vont pas de main morte. Ils condamnent en des termes sévères certains propriétaires de boutiques qui ouvrent très tôt le matin et qui dans la soirée ne respectent pas les heures de fermeture. ?Gramatin, ou koumans tan zouré avec soulars kot la boutik letan ou al asté dipain. Tanto mem zafer, apre 7 her ek parfoi avec ban dimoun etranze dan landroi?, raconte une mère de famille, visiblement traumatisée par ce qui se passe dans son village natal.

Les membres des FVBV ne sont pas pessimistes pour autant. Ils se disent toutefois en faveur de l?accélération et de l?intensification des actions basées sur un plan à long terme pour la prévention, pour la sensibilisation et éventuellement la création d?un centre pour réhabiliter ceux ou celles qui veulent sortir de l?enfer de la drogue.

Selon les animateurs des Forces vives, outre la drogue et l?alcool, les autorités policières doivent prendre au sérieux les nombreux vols enregistrés dans cette localité . ?J?ai été moi-même une victime malgré toutes les mesures de sécurité prises pour protéger mes effets personnels?, explique Marco Alphonse .

Les membres des Forces vives souhaitent que l?Etat utilise, de manière judicieuse, les terrains abandonnés tombant sous sa juridiction pour des projets concrets au profit des villageois.

Il suggèrent, entre autres, la construction d?un village hall moderne doté d?ordinateurs pour remplacer celui qui existe mais qui est sous-utilisé en raison de l?espace restreint. ?Nos membres sont animés de bonne volonté mais le manque d?infrastructures risque de freiner et de tuer toute initiative à long terme?, disent Marco Alphonse et Stellio Sookhun .

En attendant, ils font appel au ministère de l?Environnement pour que les terrains en friche ne deviennent pas des repaires pour des malfaiteurs qui opèrent la nuit.

Pour atténuer l?effet du chômage, les animateurs et animatrices des Forces vives demandent aux promoteurs hôteliers dans la région d?accorder priorité aux jeunes qui font des demandes d?emploi ou d?accorder leur soutien pour les encadrer à travers une formation pour qu?ils puissent au moins répondre aux critères qu?exigent certains métiers. ?La preuve est que certains jeunes ont réussi à chaque fois que cette opportunité leur a été offerte?, témoigne Nella Lagaillarde, mère de famille, entourée des membres de son association. Les dirigeants des Forces vives invitent les députés de leur circonscription, et les officiers du Citizen Advice Bureau à assister à une de leurs réunions hebdomadaires un lundi soir pour prendre connaissance de leurs doléances sur l?état des drains, les routes non asphaltées et non éclairées, l?absence de poubelles entre autres. ?Zot pou etone pou trouve ki kantité electer enan ici?, ironise un habitant .

VOLONTARIAT

Les projets en cours

■ Les dames s?organisent déjà pour des cours d?aréobic dans le centre communautaire, pour des cours d?alphabétisation pour jeunes et adultes, des sessions d?entraînement de foot pour les enfants et les jeunes, des salons culinaires et ils sollicitent l?aide de sponsors pour organiser la fête de Noël et une exposition de photos.

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