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Schevchenko contre l?Italie

30 juin 2006, 00:00

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L?Italie, Andriy Schevchenko connaît. Normal, il y a passé sept ans, prenant le soin, au passage, de terroriser bien des défenses. Dans ce pays où l?enjeu tue systématiquement le jeu, où le catenaccio ? la formule la plus ignoble du football ? est roi, il a fallu bien du talent à l?attaquant ukrainien pour marquer les esprits, prendre place dans les livres d?histoires. En 208 matches sous le maillot rouge et noir du Milan AC, le Ballon d?or 2004 a marqué 127 buts, une trace qui ne sera pas effacée de sitôt.

Ce soir, au moment où l?Italie jouera, où plutôt déjouera, face à l?Ukraine, pour une place dans le dernier carré du Mondial 2006, la défense de fer de la Squadra Azzurra n?oubliera pas de marquer à la culotte ce bon vieux ?Scheva? pour éviter toute mauvaise surprise.

Mais l?Italie aurait tort de penser que le danger, côté ukrainien, ne viendra que du seul Schevchenko. Oleg Blokhine, le sélectionneur de l?ancien bloc soviétique, est d?ailleurs suffisamment rusé pour étendre sa palette, sur ce coup-là, miser sur les qualités collectives de son groupe plutôt que sur le seul talent de son capitaine. Quant on a à son service des garçons comme Gusev, Shelayev, Tymoshchyuk, Rusol, Kalinichenko ou Rebrov, que les grands clubs ne manqueront pas de convoiter au sortir du Mondial, on s?en sert à bon escient.

L?Ukraine, malgré un jeu qui n?a pas encore vraiment convaincu les puristes, apparaît comme un bloc solide, difficile à rompre. On l?a vu contre la Suisse en huitième, les jaunes couvrent énormément d?espaces, ce qui atteste d?une condition physique irréprochable. Et même si, comme les Italiens, ils semblent davantage portés vers le jeu défensif, ils sont capables d?accélérer par à coups et de porter, au moment où l?on s?y attend le moins, le danger dans le camp adverse.

L?Ukraine sera d?autant plus dangereuse ce soir à Hambourg, qu?elle jouera sans pression. En se qualifiant pour les quarts, elle a surpassé ses objectifs. Tout le reste, désormais, ne sera que bonus.

Pourtant, l?Ukraine est tout sauf une petite nation de football. On a tendance à l?oublier, mais cette jeune République est née sur les ruines de l?ancienne Union soviétique, qu?elle a longtemps alimentée de ses nombreux talents. À titre d?exemple, et pour ne citer qu?eux, Oleg Blokhine et Igor Belanov, Ballons d?or en leur temps comme Schevchenko, étaient tous d?eux d?origine ukrainienne.

Dans son discours d?avant-match, Marcello Lippi, le sélectionneur italien, ferait bien de rappeler à ses joueurs ce que fut jadis l?URSS. Quelque chose me dit qu?il oubliera de le faire et que l?Italie pourrait le payer bien cher.

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