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Scanner contre scalpel : Autopsier sans ouvrir le corps

30 novembre 2007, 00:00

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Faudra-t-il bientôt considérer la célèbre Leçon d?anatomie du docteur Nicolaes Tulp comme le témoignage d?une pratique médicale à jamais révolue ? Quatre siècles ou presque après la réalisation du chef-d??uvre de Rembrandt, on assiste au développement d?une série d?initiatives visant à pratiquer des autopsies médico-légales ou scientifiques sans ouvrir les corps.

Récemment, lors de la réunion annuelle de la Société de radiologie d?Amérique du Nord, une équipe médicale de l?université du Maryland a présenté les résultats qu?elle a pu obtenir en ayant recours non plus à des appareils de radiologie, mais à des scanners permettant un examen rapide et détaillé du corps entier.

Dirigé par le docteur Barry Daly, spécialiste de radiologie, ce travail a été mené sur les cadavres de vingt personnes décédées à la suite de différentes agressions pratiquées avec des instruments contondants, des armes tranchantes ou encore des armes à feu. Les résultats obtenus ont ensuite été comparés à ceux des autopsies classiques. Dans 19 des 20 cas, les images obtenues au scanner ont permis de déterminer la cause de la mort. Elles ont également permis d?identifier la quasi-totalité des fragments balistiques.

Pour les spécialistes américains, il ne fait aucun doute que le scanner constitue un apport majeur à la recherche des causes de la mort, soit en complétant la pratique habituelle de l?autopsie, soit en s?y substituant. Avec le scanner, les résultats sont en outre obtenus en une trentaine de minutes contre parfois plusieurs heures pour l?approche conventionnelle. Jusqu?à présent essentiellement utilisée dans ce cadre par l?armée américaine, l?examen post mortem au scanner «corps entier» devrait, selon eux, être pratiqué pour toutes les recherches des causes de morts subites ou violentes.

Ce travail s?inscrit dans le cadre plus général des autopsies dites virtuelles, que développe, notamment en Europe, une équipe dirigée, en Suisse, par le professeur Michael Thali (Institut de médecine légale, université de Berne). Il s?agit de proposer, sur un site unique, l?ensemble des techniques radiologiques numériques afin de réduire au maximum l?ouverture des corps comme y parvient aujourd?hui la chirurgie traditionnelle.

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