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Savants calculs mais ethniques pour les députés correctifs
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Savants calculs mais ethniques pour les députés correctifs
Après la désignation des députés correctifs après le scrutin du 21 août 1983, à savoir Paul Bérenger, Jocelyne Minerve, Ghislaine Henri et France Canabady, tous de la population générale (ou mauricienne), ayant obtenu respectivement 49,85%, 49,75%, 48,77% et 48,65% de voix, les quatre autres (tous du MSM-PTr) sont Kamil Ramoly (39,96% des voix), Sylvio Michel (44,32%), Mike Nawoor (16,22%) et Georgie Candahoo (43,77%).
Cette proclamation faite, un membre de la communauté mauricienne d?origine chinoise émet l?opinion qu?à son humble avis sa communauté mérite et de loin un député correctif, venant s?ajouter au seul député élu de cette communauté, à savoir Noël Lee Cheong Lem. Il a en vue l?adversaire de celui-ci, autrement dit Ng Tiat Ting, ayant obtenu 39,32% des voix dans la circonscription No 2 de Port Louis Sud et Centre. Son argument paraît du béton car le brave Nono doit, à lui tout seul, représenter les 24 347 Sino-Mauriciens dûment recensés, en 1972.
Harold Glover, flanqué d?André Robert et d?autres membres de la Commission électorale, se croit obligé de corriger cette perception inexacte de la répartition des sièges de députés correctifs. Il ne faut pas se contenter de prendre le total des membres des différentes communautés ethniques et religieuses du recensement de 1972 et de le diviser par le nombre de députés élus dans chacune des différentes communautés. Ce serait trop simple. Il faut encore ajouter un éventuel député correctif au ou aux députés(s) élus(s), avant de se servir du nombre obtenu pour obtenir le ratio député : membres de la communauté.
Dans le cas des législatives d?août 1983, il convient donc d?ajouter au seul député élu (Noël Lee Cheong Lem) un éventuel député correctif sino-mauricien, donnant alors un total de deux députés pour les 24 347 Mauriciens d?origine chinoise, soit 12 173 Mauriciens par député. Cela est certes supérieur aux 11 272 Mauriciens de foi hindoue pour chaque député (plus un correctif) coreligionnaire, mais inférieur aux 13 713 Mauriciens de foi islamique. Et surtout nettement inférieur aux 16 339 membres de la population mauricienne ou générale.
Cela explique donc la désignation et dans cet ordre de Bérenger, Jocelyne Minerve, Fifi Henri (du PMSD) et de France Canabady, soit trois MMM.
Cela fait, il convient, ajoute M. Harold Glover, de corriger la modification apportée au verdict de l?électorat, en accordant les quatre tickets restants au parti ou à l?alliance ayant obtenu le plus fort pourcentage de voix. D?où la désignation de M. Kamil Ramoly (PMSD notoire mais ayant posé sa candidature sous la bannière de l?alliance MSM-PTr), de M. Sylvio Michel (non pas de l?Organisation Fraternelle mais alors président du MSM), de Mike Nawoor (ex-MMM devenu MSM) et de Georgie Candahoo.
André Robert précise que les quatre derniers postes de députés correctifs doivent revenir au parti politique majoritaire ayant obtenu le plus fort pourcentage de voix, mais toujours en tenant compte de l?équilibre ethnique ou religieux. D?où la désignation de MM. Ramoly et Nawoor malgré leur faible pourcentage de voix obtenus (39,96% et 16,22%) contre 43,78% de voix pour le dernier désigné, Georgie Candhahoo.
MM. Harold Glover et André Robert réitèrent leur demande à la population d?avoir entière confiance dans notre système électoral et dans le secret entourant chaque vote, en dépit de toute une polémique prévalant après les législatives du 21 août 1983, sous prétexte que chaque bulletin de vote, porte au verso, un numéro, le même que celui inscrit sur le talon des registres électoraux et où sont indiqués le numéro d?enregistrement de chaque électeur.
Pendant le dépouillement des bulletins de vote, ceux qui font leur décompte ne voient que des numéros, sans pouvoir les attribuer à qui que ce soit. Les talons, portant les numéros correspondants, avec indication des numéros d?enregistrement électoral, sont déjà sous clé, sous contrôle de la SMF, en toute sécurité et dans le secret absolu. Ce n?est qu?en cas de contestation électorale et s?il l?on doit décider, par avance, si l?on faut retenir ou éliminer tel ou tel vote, qu?un ou plusieurs juges de la Cour suprême peuvent ordonner de retracer le bulletin de vote de tel ou tel électeur, déjà contesté publiquement. Cela ne se produit qu?en de rares cas. On peut donc affirmer que le secret des votes est effectivement bien gardé à Maurice et qu?il est impossible à de simples profanes de pouvoir dire pour qui a voté X ou Y.
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