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Satcam, le journaliste « Insaf, c?est moi »

25 mars 2006, 20:00

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Observateur attentif de la réalité politique, sir Satcam Boolell a régulièrement écrit dans la presse sur divers sujets. Carnets de voyage, relecture d?événements politiques, plus particulièrement des discussions menant à l?indépendance, commentaires politiques ; témoignages sur certaines personnalités politiques mauriciennes ou étrangères? il a souvent partagé ses analyses et souvenirs avec les lecteurs.

Cependant, très peu de personnes savent qu?il signait, en alternance avec sir Kher Jagatsingh, sous le nom de plume Insaf (« Justice »), l?éditorial du dimanche du journal The Nation. « Il me remettait personnellement son texte », se souvient Jugdish Joypaul, alors rédacteur en chef de l?ancien quotidien fondé par Satcam Boolell et Kher Jagatsingh.

Il a présidé le conseil d?administration de The Nation de son lancement, le 29 mars 1971, à sa démission en 1984. « Il ne se mêlait pas au day to day running du journal, qui tombait sous la responsabilité directe de Jagatsingh, vice-président du conseil d?administration », raconte Jugdish Joypaul, aujourd?hui à la MBC.

Ministre de SSR, sir Satcam ne se contentait pas de « signer les chèques et d?écrire l?éditorial du dimanche chaque quinzaine ». Chaque après-midi, il était informé du contenu des principaux articles qui paraîtraient le lendemain pour « qu?il donne des conseils au niveau légal, afin d?éviter d?éventuels procès ».

Sir Satcam avait voulu participer « à l?aventure » du quotidien The Nation et avait facilité l?achat de linotypes de l?imprimerie du gouvernement.

L?association Satcam Boolell-The Nation devait se terminer en 1984. Selon Jugdish Joypaul, c?est à la suite des pressions exercées par le gouvernement d?alors de SAJ qu?il allait être obligé de démissionner de la présidence du conseil d?administration. « Soit, il quittait le journal, soit « on » nous asphyxiait en nous enlevant la publicité gouvernementale. »

Sir Satcam Boolell s?est également servi de sa plume pour consolider son image d?éternel dissident du Parti travailliste. Ses entrevues, au fil des années, ont souvent été à contre-courant des idées reçues. Sa proximité avec sir Gaëtan Duval explique peut-être pourquoi il avait demandé que l?on cesse de diaboliser ceux qui s?étaient opposés à l?indépendance. C?est également par la presse qu?il révélait un certain sens de l?opportunisme, disant accepter toute offre « digne et sincère » pour rejoindre ceux au pouvoir.

S?il intervenait régulièrement dans les colonnes de l?express et du Mauricien, ses dernières contributions au Mauritius Times furent très politiques, mais jamais sectaires. A l?accession de Paul Bérenger comme Premier ministre, il déclara à la presse tout haut ce que pensaient plusieurs tout bas : tout Mauricien pouvait aspirer à occuper ces fonctions. Cruelle revanche pour celui qui, à cause d?un accident de naissance, fut privé de tout espoir à occuper le siège de chef du gouvernement.

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