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Sans rôle
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
A priori, l?acte ne relève pas du genre burlesque. Mais le vice-président sortant a choisi le registre de la satire pour commenter la nomination de son successeur, Angidi Chettiar, un personnage qui s?apprête à fêter ses 80 ans et qui est connu pour ses paroles à l?emporte-pièce. ?Je laisse la place aux jeunes?, a dit Raouf Bundhun qui cherche à utiliser de l?ironie pour se moquer du choix du gouvernement.
Au-delà des qualités propres de celui qui est appelé à assumer des fonctions importantes au sommet de l?Etat à partir d?aujourd?hui, il faut se demander si la République a besoin d?un vice-président. Le Premier ministre pense que non. Il a été le premier à réclamer la suppression du poste. Navin Ramgoolam a laissé entendre que c?est une sinécure qu?il aurait abolie s?il avait la majorité constitutionnelle pour le faire. On peut regretter qu?il ne dispose pas des trois quarts de voix nécessaires au Parlement pour éliminer ce poste qui grève inutilement le budget de la nation.
Dans des déclarations publiques, le Premier ministre a estimé que ce poste ?ne sert pas à grand-chose?. Il a commenté en des termes sévères la performance des titulaires précédents : ?On n?obtient rien en retour pour ces dépenses.? Lesquelles dépenses s?élèvent à environ Rs 6 millions par an. Les remarques du Premier ministre auraient pu déplaire au titulaire, Raouf Bundhun, le poussant même à démissionner dans un élan de respect de soi. Ce ne fut pas le cas. En fait, il ne cachait pas l?espoir d?être reconduit à ce poste pour une durée de cinq ans.
L?opposition s?est élevée contre la proposition de Navin Ramgoolam de débarrasser la République du fardeau de la vice-présidence. Nando Bodha a justifié le maintien de ce poste en disant que ?le poste permet d?avoir une représentation ethnique et symbolique?. Alan Ganoo a également invoqué l?argument de l?équilibre ethnique. Visiblement, le choix du mode de gestion du pays n?est pas commandé que par des considérations d?efficacité. Il y a aussi les caprices d?arrière-gardes.
Dans l?opposition, on s?est aussi appuyé sur un argument technique pour contester le point de vue du Premier ministre sur l?inutilité de la vice-présidence. Si le poste est aboli, disent les opposants, le chef juge peut être appelé, en l?absence du président, à ratifier une loi. Or, si cette loi est ensuite contestée en cour, le chef juge serait juge et partie, arguent-ils. Mais, la solution au problème n?est pas le maintien d?une sinécure qui coûte cher aux contribuables. Il suffit, en l?absence du président, de confier la suppléance à un autre personnage de l?Etat, disons le speaker de l?Assemblée nationale.
Espérons qu?en 2012, quand Angidi Chettiar prendra sa retraite, les dirigeants du pays seront enfin unanimes à reconnaître qu?on ?n?obtient rien en retour pour ces dépenses?.
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