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Saddam parle de mensonge sur les armes chimiques
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Saddam parle de mensonge sur les armes chimiques
Les responsables de ?la Maison blanche sont des menteurs. Ils ont dit que l?Irak avait des armes chimiques?, a déclaré l?ancien président irakien à l?ouverture de la septième audience de son procès devant le Tribunal spécial irakien, à Bagdad. Deux témoins devaient déposer dans la journée et l?on s?attend à ce que le tribunal ajourne ensuite le procès pour environ un mois.
Après avoir entendu des témoins accuser son régime de torture à la reprise de son procès pour crimes contre l?humanité à Bagdad, Saddam Hussein a affirmé mercredi avoir été maltraité en détention. ?J?ai été frappé par les Américains et torturé?, a-t-il dit devant le Tribunal spécial irakien. ?J?ai été battu sur toute la surface de mon corps, et j?en porte les stigmates.? Un peu plus tôt, deux témoins avaient donné des précisions sur les tortures imputées aux lieutenants de Saddam.
Le témoin n°11, qui s?est présenté sous le nom d?Ali Hassan al Haidari sans craindre d?éventuelles représailles, a dit que les agents de l?ancien raïs soumettaient des détenus à des électrochocs au siège des services de renseignement et faisaient chauffer des tubes de plastique en laissant la substance en fusion couler sur les corps de leurs victimes. ?Leur douleur était terrible, le plastique se solidifiait sur leurs corps?, a-t-il dit. ?Un homme arrivait debout et repartait après avoir été jeté dans une couverture.?
Un autre témoin, dissimulé par un rideau, a dit avoir subi des électrochocs. Pendant qu?il criait dans la salle de torture au QG des services secrets à Bagdad, le demi-frère de Saddam Hussein, Barzan Ibrahim al Tikriti, alors chef des renseignements, regardait la scène en dégustant des raisins, a-t-il ajouté. Il a également dit que son fils avait été tué.
Saddam Hussein a riposté en déclarant d?abord avoir été battu et torturé peu après sa capture par l?armée américaine, en décembre 2003. Puis, l?air soudain contrit, il a dit que les responsables présumés des tortures dénoncées devaient être sanctionnés: ?Les torts qui ont été faits à ces gens étaient des méfaits et, selon la loi, ceux qui les ont commis doivent être punis.? ?Quand j?entends dire qu?un Irakien a été maltraité, je me sens blessé?, a dit Saddam Hussein. A Washington, le porte-parole du département d?Etat, Sean McCormack, a jugé ?ironiques? les propos de Saddam Hussein selon lesquels il aurait été torturé.
?Ce procès est pour lui une tribune. Mais l?attention devrait se porter sur les gens qui ont été les victimes?, a dit McCormack aux journalistes, précisant que rien n?accréditait la thèse de violences contre l?ancien président. Saddam Hussein et ses sept coaccusés ? dont Barzan ?s sont jugés depuis le 19 octobre. Ils ont à répondre du massacre de 148 personnes à Doudjaïl, au nord de Bagdad, que l?ex-président aurait ordonné après une tentative d?assassinat qui l?avait visé en 1982.
?Chien !?
L?ancien raïs avait boycotté la précédente audience, le 7 décembre, après avoir invité ses juges à ?aller au diable?. Les précédents témoins à charge avaient souvent évoqué de manière confuse et imprécise les épreuves qu?ils disaient avoir endurées. Mais Haidari est apparu au grand jour et s?est exprimé avec calme et cohérence.
Il a rapporté que Barzan lui avait un jour donné un coup de pied alors qu?il était allongé dans un couloir, fiévreux. Selon lui, le chef des renseignements avait dit aux gardes: ?Ne le soignez pas, cette famille ne mérite pas de vivre.? ?Ce coup de pied m?a fait souffrir des semaines?, a dit Haidari. Barzan, qui s?est révélé en sept audiences le plus virulent des coaccusés, a perdu contenance plusieurs fois mercredi.
A un moment, il a pris la défense d?un autre accusé - l?ancien vice-président irakien Taha Yassine Ramadan, auquel Haidari venait d?imputer la destruction de plusieurs maisons de son village au milieu des années 1980 - et a crié au témoin: ?Sa chaussure (celle de Ramadan) est plus honorable que toi et que toute ta tribu, espèce de chien !? Des responsables ont ouvert à deux reprises le box des accusés en menaçant d?évacuer Barzan s?il ne se calmait pas. Mais le juge leur a ordonné de s?en abstenir.
Barzan a affirmé mercredi qu?il était malade et demandé au tribunal d?en tenir compte. A un moment, Saddam Hussein a demandé au juge une suspension de l?audience pour pouvoir prier. Sa requête ayant été rejetée, il a fait pivoter son fauteuil de cuir noir, s?est tourné vers le témoin et, apparemment en prière, s?est balancé légèrement dans le siège. La déposition de Haidari est l?une des plus convaincantes enregistrées depuis le début du procès, qui avec l?audition de deux autres témoins.
Moussab al KHAIRALLA
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