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Saddam Hussein comparaît « contre son gré »
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Saddam Hussein comparaît « contre son gré »
Saddam Hussein était présent dans le box des accusés, le 26 juillet, lors de la reprise de son procès. Après l?audience, l?ancien homme fort de Bagdad a mis fin à sa grève de la faim, commencée il y a dix-huit jours, et qui avait entraîné dimanche son hospitalisation, a-t-on appris de source proche du tribunal.
Saddam Hussein, qui conteste la légitimité du tribunal, a affirmé avoir été contraint de se présenter devant ses juges. « Monsieur le président, j?ai été amené devant le tribunal de force. Je ne suis pas venu de mon propre gré. Les Américains m?ont emmené de force. Je n?ai pas voulu résister parce que j?ai de l?amour-propre », a déclaré l?ancien raïs.
Vêtu d?un costume gris, Saddam Hussein est apparu calme, comme à son habitude. Il a demandé à quitter l?audience mais le juge kurde, Raouf Rachid Abdel Rahmane, l?a obligé à rester pour entendre la plaidoirie de son avocat, commis d?office en raison du boycott des avocats du président déchu. « Je refuse de comparaître devant le tribunal. Que le tribunal fasse ce qu?il veut ! Je ne reconnais pas ce tribunal qui a été créé par les Américains », a lancé Saddam Hussein.
« Pourquoi le tribunal n?a-t-il pas accédé aux demandes du comité de défense ? Comment peut-on juger une affaire aussi compliquée sans avocats ? Étant donné mon passé de militant, je mérite mille avocats. En 1964, j?étais étudiant à la faculté de droit, j?ai été jugé quand j?étais membre du Baas. J?étais alors défendu par 68 avocats. Aujourd?hui, j?ai six avocats et la moitié ont été tués », a-t-il conclu. Le juge lui a répondu que ses avocats avaient été informés et n?étaient pas venus, qu?ils étaient « dans les pays voisins et disposent de milliards de dollars ».
N?hésitant pas à se lever pour se faire entendre, Saddam Hussein a constamment tenté d?attirer les débats sur un plan politique. « J?incite à chasser les envahisseurs et j?appelle à la fraternité, à la tolérance entre les Irakiens », a-t-il ainsi affirmé.
Saddam Hussein, contre lequel le parquet a requis la peine de mort, a même évoqué sa possible exécution.
« Rappelez-vous que Saddam était un militaire et que dans le cas où il serait condamné à mort, il devra être exécuté par balle », a-t-il déclaré. Le juge, Raouf Rachid Abdel Rahmane, lui a précisé que le tribunal « n?avait pas encore délivré de verdict ».
<B> @ 2 006 Le Monde ? AFP ?
(Distribué par The New York Times Syndicate) </B>
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