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Saddam Hussein aurait négocié sa reddition
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Saddam Hussein aurait négocié sa reddition
?SADDAM a capitulé, il s?est rendu? : sous ce titre, Abdul Hamid Al-Saih, journaliste au quotidien Al-Azzaman (Le Temps) raconte sans donner tous les détails, pourquoi et comment Saddam Hussein, traqué par toute l?armée américaine, a décidé de mettre un terme à huit mois de cavale. Selon ?les dernières nouvelles apportées par un parent du raïs qui s?est rendu à l?endroit où il avait été appréhendé?, c?est-à-dire une ferme près de Tikrit, le scénario aurait été le suivant.
Le dictateur en fuite aurait demandé à l?un des deux hommes de son village natal qui l?ont accompagné dans ses différents refuges depuis la chute de Bagdad, le 9 avril 2003, de se rendre ?à l?extérieur de l?Irak pour discuter avec les Américains afin de négocier sa reddition?. Les conditions fixées auraient été énoncées ainsi : ?Ne pas être tué lors de l?arrestation ; être traité comme un prisonnier de guerre ; ne pas être condamné à mort et ne pas être remis au Conseil intérimaire de gouvernement ou à n?importe quelle autre autorité irakienne.? L?administration Bush les aurait finalement acceptées, sans que l?on sache si cette décision a donné lieu à des tractations. Abdul Hamid Al-Saih précise que l?opération a été menée en présence du voisin de Saddam Hussein qui, en raison de la ?morale arabe?, n?avait pas vendu la mèche, et avec l?appui des forces militaires, ?par précaution?.
?Il ne parlait plus"
Le journaliste rappelle les circonstances de l?interpellation de Saddam Hussein, sa sortie les mains en l?air, ses échanges avec l?officier américain et notamment la transmission des salutations du président Bush, ainsi que l?intention affichée par le captif de négocier. Autant d?éléments qui, pour Abdul Hamid Al-Saih, démontrent que Saddam Hussein s?est rendu et s?est plié aux examens auxquels il a été soumis d?une façon ?docile et passive?. ?Il a eu de la chance de ne pas tomber entre les mains d?Irakiens?, précise-t-il avant de signaler que le tyran déchu a eu l?air étonné et contrarié lorsqu?il a été présenté, par la suite, à quatre membres du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG), puisque cela pouvait sembler contraire à l?une des conditions qu?il avait formulées. La décision des autorités américaines de lui accorder le statut de prisonnier de guerre serait une preuve supplémentaire à l?appui de ces informations. De plus, le fait que la prime de 25 millions de dollars n?a pas été versée au délateur accrédite la thèse de la capitulation. Selon le voisin de Saddam Hussein, ce dernier était devenu, au cours des derniers temps, ?dépressif, silencieux et fatigué. Il ne parlait plus?. Le fugitif, à bout de forces, aurait donc choisi de négocier ce qui apparaît comme une reddition et non pas une arrestation.
?Qu?il ait été arrêté ou qu?il se soit rendu, cela n?a plus d?importance, écrit le journaliste. Saddam Hussein s?est livré pour sauver sa tête car elle est plus importante que sa réputation, celle de ses enfants, de sa famille, de son histoire et de sa dignité.? ?En se rendant, ajoute-t-il, il s?est moqué de la résistance de toute personne qui se sacrifie pour sa pensée, sa terre et ses convictions. Ainsi a-t-il mis fin à la plus grande tricherie qu?aient connue les Arabes, les musulmans et surtout les Irakiens.?
Michel Bôle-Richard
© Le Monde News Service
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