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SADC : pari économique intra-régional ardu

12 août 2004, 20:00

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L?intégration économique de la Southern Africa Development Community (SADC). Vaste projet à l?heure où Maurice s?apprête à accueillir le sommet de chefs d?Etat de cette organisation régionale. Mais il faut se rendre à l?évidence : le chemin à parcourir s?annonce bien long.

Défaillances structurelles des économies, flux de commerce intra-régional peu développé, manque d?information sur les produits et les marchés des pays membres, coûts élevés de transport, une certaine hésitation à embrasser la libéralisation économique sont autant de facteurs qui nuisent au processus d?intégration.

Mais la SADC nourrit de grandes ambitions. Une feuille de route est déjà en place pour approfondir le mouvement des biens, des services, des capitaux et de la main-d??uvre entre les pays membres. Sur le plan commercial, il y a le Protocole, dont l?objectif est de baisser ou éliminer les barrières tarifaires pour faciliter l?échange des produits dans la zone. Lorsque le Protocole a été implémenté en septembre 2000, 47 % des produits dans la SADC s?échangeaient en franchise de droits de douane. Le régime de zéro tarif devrait couvrir environ 85 % des marchandises en 2008, soit au moment où la zone de libre-échange (ZLE) prendra forme selon la feuille de route commerciale de la SADC. La ZLE débouchera sur une union douanière en 2010.

?Il y a eu une augmentation dans le commerce intra-SADC surtout dans le domaine du textile et de l?habillement et du sucre. Nous avons aussi beaucoup progressé sur plusieurs plans dont l?harmonisation des procédures douanières et des normes de qualité de même que sur les permis d?importation et d?exportation?, indique Fudzai Pamacheche, un des responsables de la SADC Directorate on Trade, Industry, Finance and Investment, lors d?un point de presse hier à Grand-Baie.

?Promouvoir nos produits?

Mais il y a plusieurs autres défis autrement plus complexes à relever. Les marchés domestiques dans la plupart des Etats membres sont encore trop fragiles. La libéralisation risque du tuer le commerce informel qui fait vivre de larges tranches des populations et qui leur permet une certaine mobilité sociale.

L?information sur les marchés et sur les produits reste largement inaccessible aux opérateurs des pays de la SADC d?où le manque d?intérêt pour les échanges intra-SADC. ?Les agences de promotion des exportations ne jouent pas leur rôle convenablement. Il faut une plus grande dissémination de données afin de promouvoir nos produits?, affirme Fudzai Pamacheche.

Par ailleurs, les opportunités sous l?Africa Growth and Opportunity Act (Agoa) qui se présentent aux producteurs de la région ne favorisent pas non plus l?échange au sein de la SADC. Les efforts sont plutôt déployés vers le marché américain, de loin plus rémunérateur.

Les investissements directs sont aussi à l?agenda économique de la SADC. L?élaboration d?un Protocole des finances et d?investissements est en cours mais se heurte à des difficultés. L?ouverture du marché des services aux capitaux étrangers pose problème au sein de plusieurs pays membres qui craignent des effets déstabilisateurs sur leurs économies.

Le sommet des chefs d?Etat et de gouvernement qui se tient lundi et mardi prochains devrait apporter des réponses à ces problématiques. Mais même les plus optimistes conviendront que c?est surtout sur le plan national que les remèdes les plus urgents devront être appliqués?

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