Publicité
Sachin Padaruth raconte les dernières paroles de Sandooram
Par
Partager cet article
Sachin Padaruth raconte les dernières paroles de Sandooram
Sachin Singh Padaruth, un éboueur demeurant à Quartier- Militaire, a relaté hier les détails de ses derniers contacts avec Thagoresingh Sandooram. Le corps de celui-ci, avec celui de sa jeune maîtresse Ansi Itoo, avait été retrouvé à Bassin-Blanc le 11 novembre 2002. Ce témoin, ami d?enfance de Sandooram, a tenu la vedette pendant l?audience de l?enquête judiciaire sur ce double drame.
Il a été la dernière personne à parler à Thagoresingh Sandooram. Au téléphone, ce dernier lui aurait demandé de le rejoindre à Bassin-Blanc car il avait des ennuis. Le témoin affirme qu?arrivé sur place, il a vainement essayé de téléphoner à son ami : ses deux portables étaient éteints. Mais un policier, qui a récupéré le portable de Sandooram dans un sentier, précise que le cellulaire a sonné à deux reprises?
Padaruth raconte que Sandooram était son ami d?enfance et son voisin. Il était le directeur de Sun Tours, possédait une flotte de quinze autobus et collectionnait également des jeeps. Padaruth aidait Sandooram dans son entreprise et était au courant de la relation extraconjugale qu?entretenait son ami avec Ansi Itoo.
Vingt et un ans de différence
Poursuivant ses déclarations, Padaruth révèle que son ami lui avait confié que Bipin Itoo, le frère d?Ansi, lui avait demandé, au téléphone, de ?sanz so manier? en raison de la différence d?âge des deux amants (NdlR : Ansi avait 17 ans et Thagoresingh en avait 38). Mais son ami a poursuivi ses relations.
Dans l?après-midi du 11 novembre 2002, dit Padaruth, il est à la maison. Thagoresingh l?appelle sur son poste fixe, lui dit qu?il a des ennuis et lui demande d?allumer son portable. Il rappelle alors Thagoresingh sur son cellulaire et ce dernier lui déclare qu?il est seul à Bassin-Blanc. ?Li dir mwa pran enn djip vini, pa dir personn lakaz. Li ti paret normal kan li ti pe koze. Mo tann zis so lavoi?, se souvient Padaruth. Avec deux autres personnes, James et Jugessur, à bord d?un véhicule, ils font route vers Bassin-Blanc.
Padaruth raconte qu?en chemin, il reçoit deux autres appels de Thagoresingh. Le premier à Curepipe et le deuxième quand ils étaient près de La Marie. Au cours de cette dernière conversation, Thagoresingh lui demande de ?vinn drwat e ariv kot vann, sone?. Le témoin dit que ce furent les dernières paroles de son ami Sandooram.
Quand il arrive au lieu du rendez-vous, il appelle son ami sur ses deux portables, mais ils étaient éteints. Personne n?était sur les lieux et la voiture de Thagoresingh était fermée à clé, avec la vitre d?une des portières entrouverte. Les clefs étaient à l?intérieur. Padaruth dit qu?il a glissé sa main dans une déchirure dans la bâche de la jeep et les a récupérées. C?est ainsi qu?il a pu voir à l?intérieur le sac d?Ansi avec ses cahiers et deviner que celle-ci était avec Thagoresingh. Ne voyant pas trace des deux amants, Padaruth et ses accompagnateurs ont finalement appelé la police.
Six autres témoins ont été entendus dans le cadre des travaux de cette enquête judiciaire : le surintendant de police (SP) Raddhoa, les inspecteurs Ramlagun et Seebaluck, les sergents Golaup et Cheenatur, le constable Potou.
Le portable de la victime
Le sergent Cheenatur faisait partie de l?équipe de la Special Supporting Unit qui a procédé aux recherches pour retrouver les deux amants. Il a déclaré avoir récupéré un portable sur le sentier menant au lac au fond du cratère de Bassin-Blanc. Croyant qu?il s?agissait de celui de l?inspecteur Ghoora, il l?a remonté à l?officier qui était, lui, déjà sur le chemin au sommet du cratère. Le cellulaire a alors sonné à deux reprises. Il n?a pas noté les numéros entrants. Arrivé au sommet du cratère, on l?a informé qu?il s?agissait du portable de Sandooram.
Le SP Raddhoa a lui soutenu qu?Antoine Chetty (NdlR : un prisonnier détenu pour délit de drogue), n?a jamais été approché par la Major Crime Investigation Team (MCIT) pour donner une déposition dans ce double drame. Le policier a aussi déclaré hier que des ?rumeurs? voulaient qu?Antoine Chetty ait été approché pour identifier le corps de Thagoresingh Sandooram.
A propos de la voiture qui aurait pris en chasse celle de Sandooram, le SP Raddhoa a invoqué le privilège de ne pas révéler ses sources qui, a-t-il dit, sont ?authentiques? et ?fiables?.
Un autre témoin, l?inspecteur Ramlagun, affecté au service de renseignements, a soutenu qu?il ne dispose d?aucun rapport sur cette affaire. Son collègue, l?inspecteur Seebaluck du Central Criminal Investigation Department a, lui, déclaré que l?inspecteur Hector Tuyau, détaché de l?Anti Drug and Smuggling Unit, avait répondu qu?aucune ceinture d?Ansi Itoo n?avait été retrouvée par cette section de la police, contrairement à ce qu?a prétendu un article de presse.
TÉMOIGNAGES
Le sergent Golaup contredit le SP Raddhoa
■ La MCIT, dirigée par le surintendant Prem Raddhoa, a essuyé un coup dur avec la décision du tribunal de Souillac de rayer la charge provisoire d?assassinat contre Bipin Itoo. Ce dernier était accusé d?avoir tué sa s?ur Ansi et Thagoresingh Sandooram, l?amant de celle-ci.
De plus, il y a eu divergence de vues entre le SP Raddhoa et le sergent Golaup. Le premier a soutenu que la déposition d?un des sept témoins contre Bipin Itoo n?avait aucune valeur de preuve (no evidential value). Confronté à cette version, le sergent Golaup a, lui, déclaré que ?le SP Raddhoa a commis une erreur. Moi, je maintiens qu?elle a bien valeur de preuve?. Le sergent a également admis que Bipin Itoo n?a pas été confronté à la charge d?assassinat selon les procédures énoncées par le ?Judge?s Rule?. Hier, le tribunal a en fait répondu favorablement à la motion de Me Ritesh Samputh, avocat de Bipin Ittoo, qui demandait la radiation de l?accusation. Les représentants du Directeur des poursuites publiques (DPP), Mes Rajesh Ramloll et Moun Seetaram, avaient déjà informé le tribunal qu?ils n?objecteraient pas à la motion. Bipin Ittoo retrouve maintenant le statut de témoin. Il sera entendu au cours de la prochaine audience fixée au 19 juin.
Le sergent Golaup, de la MCIT, a révélé hier en cour que son équipe détient des témoignages de sept personnes ayant ?plus ou moins? incriminé Bipin Itoo, de même que la famille Itoo, dans leurs dépositions à la police. Le contenu de ces dépositions n?a toutefois pas été révélé en cour. L?avocat du parquet a invoqué le secret de l?instruction pour demander que les noms de ces sept témoins ne soient pas révélés, d?autant plus qu?une enquête de police est toujours en cours.
Publicité
Publicité
Les plus récents