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Sa devise : “ j’y suis, j’y reste”

5 octobre 2004, 20:00

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Cela fait 22 ans que Huguette Kistnen a pris de l’emploi chez Aremo Ltd, entreprise fabriquant des bijoux et leurs accessoires (voir hors-texte) à des fins d’exportation vers l’Europe et les États-Unis. Cette entreprise, ouverte un an plus tôt à Curepipe est le résultat d’un partenariat entre l’Allemand Rainer Cöetze et le groupe Rogers. Malgré le déménagement de l’entreprise vers une région plus excentrée et le chômage technique enregistré en 2001, Huguette a tenu bon. Si sa devise est “J’y suis, j’y reste”, c’est qu’Aremo Ltd a su déployer les moyens pour fidéliser ses employés.

Un bijou quitte rarement le cou d’Huguette. Il s’agit d’une chaîne en or avec un pendentif en forme de trèfle à quatre feuilles et au cœur serti d’un diamant. Ce bijou, la quadragénaire l’a reçu de la direction d’Aremo Ltd voilà deux ans en signe de reconnaissance pour sa fidélité.

“Ma jeunesse s’est passée ici”, avance-t-elle pour expliquer ses 22 ans de service. Et c’est vrai. A l’issue de ses études secondaires et d’une formation en secrétariat, Huguette qui habite St Pierre, cherche un emploi. Comme il y a peu de débouchés dans le secteur administratif et qu’elle a absolument besoin de travailler vu que son père est retraité, elle saisit le premier emploi offert, à savoir celui d’opératrice chez Aremo Ltd.

Les journées d’Huguette s’écoulent au rythme de la fabrication de fermoirs en bronze, or et argent. Elle doit s’appliquer car ce travail minutieux requiert de la précision et de la vigilance.

L’entreprise étant petite, l’ambiance y est familiale et Huguette s’y sent bientôt comme un poisson dans l’eau. Au bout de deux ans, elle est nommée contrôleuse de qualité pour ces mêmes fermoirs qu’elle fabriquait. Elle sera ensuite affectée à la section des fermoirs spéciaux appelés swivels.

<B>Réaménagement</B>

En 1990, le groupe Rogers vend ses parts au financier ingénieur François de Grivel. L’usine est réaménagée à Goodlands. Bien que Huguette doive se lever aux aurores pour aller attendre le van d’Aremo Ltd à Réduit et que cela demande une réorganisation de sa maisonnée, Huguette ne s’est jamais plainte. Elle n’en trouve pas de raisons, précise-t-elle.

L’ambiance au travail est toujours aussi bonne et elle continue sa progression puisqu’elle est nommée contrôleuse de qualité pour la section des swivels. Son investissement dans le travail est d’ailleurs payant. “Avec ma progression salariale, j’ai pu contribuer au budget familial et participer à la construction de notre maison et à l’éducation de nos enfants.”

Huguette cite aussi comme autre facteur de motivation pour rester chez Aremo Ltd, la politique de franchise de la direction à l’égard de ses employés. “Comme une bonne partie de la clientèle d’Aremo Ltd est américaine, il y a eu un ralentissement des commandes après les attentats du 11 septembre 2001. Pendant quelques mois, nous étions au chômage technique. J’avais quelques appréhensions mais Rainer Cöetze et François de Grivel ont toujours été très francs à notre égard, nous rendant compte de tout ce qui se passait. La confiance règne et cela aussi a fait que nous nous sentions vraiment partie prenante de l’entreprise.”

Le poids de ses nouvelles responsabilités n’est pas pesant, assure-t-elle. Malgré l’alerte de 2001, Huguette envisage l’avenir avec sérénité. “L’entreprise a connu des hauts et des bas comme n’importe quelle autre usine mais s’est tout de même maintenue à flot pendant 23 ans. Je ne vois pas pourquoi cela ne devrait pas durer…”

REPERES

<B>Aremo Ltd : son maître mot est fidéliser</B>

Aremo Ltd, partenariat d’abord entre le ressortissant allemand naturalisé mauricien Rainer Cöetze, directeur, et le groupe Rogers, a vu le jour en 1981. Cette entreprise employant 140 personnes réalise, sertit, polit, assemble et plaque des bijoux en or et argent, de même que des fermoirs en cuivre, argent, or et platine. Si l’homme d’affaires, François de Grivel, “Managing Director” rachète les parts de Rogers en 1990, c’est dans le but de s’éloigner du secteur sucrier dans lequel sa famille est impliquée depuis des générations. Si Aremo Ltd a réussi à fidéliser ses employés, sa direction s’entache à le faire avec sa clientèle américaine et européenne. Pour le faire, François de Grivel et son associé participent régulièrement aux foires internationales de la bijouterie à Bâle en Suisse, à Las Vegas aux États-Unis et à Vicenza en Italie. “Maurice jouit d’une bonne réputation et cela nous aide à fidéliser notre clientèle mais l’Asie reste malgré tout un gros compétiteur à cause du coût de sa main- d’œuvre et des séries plus vastes qu’elle fabrique”, explique François de Grivel.

Son objectif est d’améliorer la productivité de l’entreprise et de pénétrer dans le rayon de la bijouterie haut de gamme, malgré l’investissement lourd que cette manœuvre demande. François de Grivel estime aussi que la MIDA doit mener une stratégie de promotion commerciale plus agressive pour développer le secteur de la bijouterie à Maurice.Elle fait des efforts mais cela reste insuffisant. Il y a le potentiel non seulement pour l’emploi mais aussi l’activité.

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