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Séquestration à l?université
La police ouvre une enquête sur les événements universitaires du 13 avril 1979. Ceux-ci culminent avec la séquestration de quatre hauts cadres de l?administration universitaire, dont le vice-chancelier, M. R. Burrenchobay, le frère du gouverneur général intérimaire, Sir Dayendranath Burrenchobay.
Le 24 mai, il est décidé, au cours d?une réunion du conseil de l?université, de confier à la police le soin d?enquêter sur cette prise d?otages. Des enquêteurs prennent contact avec les victimes.
Un macadam menace de perturber cette enquête. Le 24 mai, un Visitor est nommé, en la personne de Me Marc David, pour enquêter sur les événements survenus à l?Université. Ce Visitor est désigné par Sir Seewoosagur Ramgoolam, à la demande d?ailleurs du conseil de l?Université. Me David n?apprécie guère cette enquête policière parallèle à la sienne et le fait savoir en haut lieu. Il conseille aussi d?attendre la fin des examens trimestriels, prévus pour la troisième semaine de juin, avant que ne commence son enquête.
Sur le plan politique, les difficultés d?une majorité parlementaire, coincée entre Boodhoo, Beedassy et Gungoosingh et la réaction anti-contestataires, dirigée par Walter et Jagatsingh, commencent à inquiéter certains milieux diplomatiques. La BBC consacre une information de 500 mots sur la question. Elle est intitulée : Mauritius : Government threatened over scandal corruption. Dans les ambassades, la situation est longuement commentée. On se montre inquiet de la tournure des événements. S?ils débouchent sur des élections générales anticipées cela pourrait ne pas être en faveur du gouvernement en place.
Dans l?ensemble, les diplomates souhaitent un regroupement des bonnes volontés au sein du PTr. Il en va, estiment-ils, de la stabilité de la situation géopolitique à Maurice et éventuellement dans la région. Ils voudraient que le Premier ministre désamorce la situation, en faisant quelques concessions à un Harish Boodhoo qu?ils souhaiteraient plus raisonnable et plus compréhensif. Ils sont d?avis que Ramgoolam ne peut contenir la vague populaire sur laquelle caracole Boodhoo. On s?explique mal en tout cas le leadership populaire peu orthodoxe de ce dernier, coincé entre son parti au pouvoir et l?opposition militante.
NDLR : Il serait intéressant, 25 ans après, d?examiner la justesse de ce point de vue diplomatique. Les trois ans suivant ce début de contestation interne, ne feront qu?enfoncer davantage un Parti Travailliste englué dans le conservatisme d?une vieille garde, hostile à toute contestation et à toute réforme. Elle ne se sent en tout cas pas assez vieille et pas assez usée par le pouvoir pour céder aussi facilement la place aux jeunes. L?hostilité des anciens à l?égard des jeunes turcs entraînera la radicalisation des contestataires, leur départ du parti, la formation du PSM, l?alliance formée avec le MMM et le 60-0, le premier de l?Histoire, du 11 juin 1982. Il se peut aussi que dans sa grande sagesse, Chacha Ramgoolam ait lucidement compris qu?il valait mieux renoncer temporairement au pouvoir plutôt que de perdre à jamais le contrôle du Parti Travailliste. Songeait-il alors que ce dernier serait un jour ranimé par son fils Navin et capable de faire jeu égal avec une alliance MMM-MSM ? A moins que, rusé comme il l?était, il prévoyait déjà le divorce inévitable entre Anerood Jugnauth et Paul Bérenger et la rupture de mars 1983 ? Aux acteurs de cette tragi-comédie de répondre à ces questions. Du même coup, on pourrait s?interroger sur la pertinence des craintes diplomatiques au sujet de la stabilité géopolitique dans la région.
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