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Sécurité alimentaire : Minimiser les risques

12 octobre 2004, 20:00

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La crise de la dioxine débute officiellement en mai 1999 quand la Communauté européenne ordonne le retrait du marché de tous les animaux, œufs, poulets et produits dérivés susceptibles d’être contaminés par de la graisse d’origine belge destinée à la fabrication d’aliments pour animaux. Plus de 219 000 œufs et 9 400 tonnes de denrées animales sont détruits et plus de 500 élevages placés sous séquestre. De quoi faire frémir les consommateurs, producteurs, gouvernants, écologistes, assureurs et banquiers… Après la crise de la vache folle en Europe, l’Asie du Sud-Est connaît actuellement une résurgence de la grippe aviaire transmissible à l’homme. S’alimenter, est-il devenu une aventure à haut risque ?

Si de telles catastrophes alimentaires ne sont heureusement pas advenues à Maurice, il n’en demeure pas moins que la sécurité dans ce domaine est loin d’être acquise. Trop souvent des cas rapportés d’intoxication alimentaire dans le milieu scolaire indiquent des failles soit durant le processus de production des aliments ou durant la distribution qui n’ont pas été décelées à temps. Une des raisons pourrait en être que le système législatif mauricien en matière de sécurité alimentaire, tant au niveau du Food Act que des réglementations concernant l’agriculture, demeure prescriptif en définissant des normes à respecter – sans mettre l’accent sur la prévention des risques à tous les niveaux, from farm to fork, avec obligation d’un système HACCP (Hazard analysis critical control point).

Fortement préconisée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et par le Codex Alimentarius, la méthode HACCP (Hazard analysis critical control point) est une approche systématique d’identification, de localisation, d’évaluation et de maîtrise des risques potentiels en matière de salubrité des denrées dans la chaîne alimentaire. Cette approche est reconnue, à l’échelle internationale, comme étant la meilleure pour améliorer la sécurité sanitaire des aliments. Elle intéresse tous les segments et secteurs de l’industrie alimentaire – que ce soit le planteur de légumes, l’éleveur, la conserverie, le restaurateur, le supermarché ou autres – et les gouvernements, car elle touche à la santé publique et promeut le commerce international en rassurant et augmentant la confiance de l’acheteur.

La méthode HACCP est basée sur sept principes. En premier lieu, une analyse des dangers biologiques, chimiques ou physiques pouvant avoir un effet nocif sur l’état de l’aliment et sur la santé. On détermine ensuite les points critiques pour la maîtrise de ces dangers, soit le lieu, l’activité ou le stade de préparation durant lesquels une action peut et doit être exercée pour prévenir les dangers identifiés. Le troisième principe consiste à établir les limites critiques, soit déterminer le niveau d’hygiène et de salubrité à atteindre. Pour être certain que cela marche, on établit un système de surveillance pour la maîtrise de ces points critiques et des actions correctives si besoin. Le sixième principe est d’établir des procédures de vérification pour s’assurer de l’efficacité du système mis en place avant de recourir à un système d’enregistrement pour vérifier la conformité des procédures établies avec la méthode HACCP.

Préventif, ce système permet à une entreprise prévoyante et consciente de ses responsabilités de minimiser les risques d’incidents alimentaires, d’accroître son efficience et d’être conforme à la législation. Il faut aussi noter que la méthode HACCP s’applique en complémentarité avec des normes spécifiques concernant la qualité des produits et souvent fixées par des distributeurs ou des chambres de métier, tels l’Eurep GAP, SQF 2000. Ainsi le British Retail Consortium (BRC) impose un certain niveau de qualité aux producteurs qui concerne non seulement l’environnement, mais également la qualité ou l’aspect social.

Minimiser les risques est une priorité. La certification HACCP le permet. En effet, la crise de la dioxine n’a touché aucune des entreprises certifiées par SGS au niveau international. A Maurice, une vingtaine d’entreprises sont certifiées HACCP par SGS. Paramètre incontournable du commerce international vers l’Europe, les Etats-Unis ou le Japon, cette méthode concernera directement toute entreprise visant à investir dans le Seafood hub qu’ambitionne de créer Maurice.

<B>Daniel Grant – Géraldine Koenig

SGS (Mauritius) Ltd

Email : [email protected]</B>

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