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Réseaux de richesses
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le textile-habillement cherche de nouveaux repères pour se repositionner sur le marché international. Il a besoin d’une nouvelle force de frappe pour pouvoir assurer sa survie face à la déferlante chinoise, entre autres. Le modèle de business de Vieo Industries Ltd (VIL) est instructif à plus d’un titre sur la manière dont l’industrie peut s’organiser pour développer de nouvelles sources de compétitivité.
VIL sous-traite la confection de vêtements à un réseau de petits fabricants. La société s’occupe du marketing, de l’achat des matières premières, du design et des opérations de “finish” des produits. Ce modèle, qui visiblement donne des résultats, apporte du sens au concept de cluster dans le secteur de l’habillement.
L’Italie, une des plus grandes nations de la mode, a bâti sa force sur des réseaux de petits exploitants. Les chaînes de production se sont organisées autour des opérateurs qui sont spécialisés dans des activités spécifiques.
Ce système comporte de multiples avantages. D’abord, il génère des business captifs aux petites et moyennes entreprises (PME) qui, à elles seules, ont des difficultés à trouver des clients en Europe ou aux États-Unis. Sans de grandes ressources financières et technologiques, ces PME peuvent participer à la fabrication de produits finis à haute valeur ajoutée.
Le textile-habillement s’est engagé depuis quelques années déjà dans une profonde restructuration pour pouvoir s’ajuster à la libéralisation commerciale. Un des axes de cette réforme est l’intégration industrielle. L’approche du cluster facilite l’intégration des petits fabricants à l’industrie manufacturière d’exportation.
Il y a un transfert de savoir-faire, de technologies et d’innovation au profit des PME. VIL, par exemple, s’est beaucoup investie dans la formation de ses sous-traitants. En retour, elle s’attend à ce que ces derniers puissent fabriquer un produit de qualité supérieure à des coûts compétitifs.
La réussite de VIL prouve qu’il y a de la place pour les petits opérateurs dans le secteur de l’exportation. Ces derniers ne sont pas condamnés à produire pour le marché local uniquement.
Il incombe aux agences d’accompagnement telles que Enterprise Mauritius et la Small Enterprises and Handicraft Development Authority de même que les institutions de financement d’encourager ce genre d’initiatives. Il faut une stratégie industrielle et un cadre formel pour favoriser la mise en place des réseaux de producteurs. Travailler en partenariat requiert une discipline collective sans failles. Les sous-traitants doivent respecter les cahiers de charge en termes de qualité et de délais de livraison. Le secteur de l’habillement bouge résolument vers une activité de la mode.
Qui dit produit de mode dit commandes en petite quantité et de courts délais de livraison. Les participants au cluster doivent pouvoir s’ajuster à ce rythme d’opération sans compromettre sur la qualité et tout en restant dans les coûts.
VIL réussi son pari grâce à la confiance mutuelle qui existe entre les différents partenaires. Le facteur attitude est tout aussi essentiel que les technologies et les compétences.
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