Publicité

Rythme et récession

30 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Maintenir la cadence en temps de récession. C?est le défi de l?économie mauricienne. Le pays est sur la voie du redressement économique. 2008 devrait confirmer la durabilité ou non de la reprise. La dernière prévision pour l?année fait état d?un taux de progression du produit national brut de 6 %. Les craintes de récession mettent à l?épreuve la résistance de l?économie mauricienne, surtout à un moment où il faut insuffler plus de rythme à la croissance.

Nos principaux marchés, notamment l?Europe et les Etats-Unis, sont sous le spectre d?un ralentissement de la croissance, voire même une régression de l?activité. Cela aura un impact inévitable sur la consommation. Les Européens et les Américains pourraient tempérer leurs consommations et, du coup, mettre nos industries d?exportation, le textile-habillement en particulier, en danger. La capacité de résister aux chocs dépend du «momentum» de l?activité ? c?est-à-dire si elle a pris suffisamment de vitesse au cours de ces dernières années.

Maurice devra-t-elle se contenter d?un taux de croissance de 6 % ? Percy Mistry, un observateur reconnu, disait récemment qu?en Inde, un tel taux est perçu par la population comme une récession. Il soutient qu?un pays comme Maurice a tous les atouts pour réaliser une croissance de 10 % au moins, compte tenu de ses aptitudes, de son agilité par rapport à la lourdeur inhérente du système indien.

La nouvelle économie des services, si elle est bien négociée, permettra au pays de faire un «quantum leap» en matière de développement. Il ne s?agit pas uniquement d?un nouveau pilier que l?on ajoute à la palette des pôles industriels. Il faudra envisager ce tournant avec un regard neuf sur ces potentialités.

Selon Percy Mistry, si on commence à considérer le manque de ressources humaines qualifiées comme une contrainte à l?épanouissement de l?activité tertiaire à valeur ajoutée, l?on fait déjà fausse route. Les sources de compétences sont partout. Les entreprises mauriciennes ne devraient avoir aucun complexe à en faire venir si la nature de leurs opérations l?exige. Dubayy et Singapour sont des exemples récents de réussite sur ce plan.

Il faut donner une envergure internationale aux prestations «made in Mauritius». Pour réussir cette ambition, l?ouverture est inévitable. Les cadres étrangers apportent des marchés et des réseaux internationaux qui, à leur tour, apportent une plus grande visibilité au pays comme un «hub» de services financiers, entre autres.

Dans beaucoup de cas, cependant, les ressources sont disponibles localement. Il suffit de les reconfigurer autour d?une activité exportable. C?est le cas du «Legal Process Outsourcing» (LPO). Maurice a suffisamment de professionnels en droit pour se signaler dans ce créneau. Le métier d?avocat comme celui du comptable peut se prêter aux filières de la sous-traitance. Encore une fois, il s?agit de voir les choses autrement et de défier les conventions.

Publicité