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Rugby – TEST MATCHES

22 novembre 2004, 00:00

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Une semaine après la démonstration réussie au Stade de France face à l’Australie (27-14), le XV de France s’est montré samedi, à Marseille, incapable de prendre la mesure des Pumas argentins.

Souviens-toi de Nantes... Douze ans après le séisme de la Beaujoire et d’un premier revers (20-24) concédé à domicile par les Bleus de Pierre Berbizier face aux Pumas argentins, la nouvelle garde version Laporte n’a rien trouvé de mieux, à l’heure du coup d’envoi du plus excitant défi qui soit, à savoir une Coupe du monde à domicile, que de remettre le couvert en une faute de goût lamentable.

Dans ce Stade Vélodrome, où jamais encore l’affront de la défaite ne l’avait croisé au coin du bois, voilà que le théâtre de ses plus belles folies s’est transformé par la force d’un mistral tout sauf gagnant en première période, en cimetière de ses ambitions. Face au vent, ce XV de France, apparu inoxydable il y a une semaine face aux vice-champions du monde australiens, est tombé dans un à-peu près crasse et un jeu totalement déréglé.

Pauvre France!

Conquête en berne, défense approximative, cohésion vacillante, tout ce qui avait fait l’excellence du succès face à l’Australie était passé soudain par pertes et profits. Effacés du disque dur d’une équipe de France incapable de renouveler sa performance. Face à ces cousins argentins, trop soucieux de briller dans leur patrie d’adoption, il n’en fallait pas plus pour que l’affaire tourne au vinaigre. Une guirlande de pénalités ourlées par un Felipe Contepomi de gala et un essai de Durand (0-11, 23e), suite à une sortie de mêlée cafouillée par Harinordoquy, plus tard, et ces Bleus de l’inconstance étaient revenus à la case départ ou presque à la mi-temps (5-19). Pauvre France!

Seul un éclair orchestré au cœur de ce premier acte éventé par la ligne de trois-quarts tricolores et conclu par Tony Marsh (5-13, 28e) avait su faire naître le frisson dans les tribunes d’un Vélodrome qui, après ses bouderies footballistiques, n’a même plus l’ovale pour se refaire la cerise. Comment? pourquoi? L’avalanche de questions promise à la pause par un Bernard Laporte plus kaïser que jamais, on s’en doute, annonçait pour ces Tricolores, malheureux alchimistes, une sérieuse et surtout nécessaire remise en cause.

On allait voir ce que l’on allait voir. Enfin porté par ce vent du Sud, l’équipe de France ne pouvait que renverser cette tendance si défavorable. Cette réaction, le public du Vélodrome l’attend toujours... Loin de toute révolte et surtout des valses à mille temps de la semaine dernière, la possession de balle française, à grands coups d’en-avants et de passes de maçons – n’est-ce pas M. Michalak dont les lacunes ne se limitent donc plus à l’unique botte – se réduisait à peau de chagrin. Et tout l’impact physique, toute la rigueur défensive argentine s’exprimaient dans une seconde période où les Bleus prenaient la leçon de ce jeu contre le vent qui leur avait fait tant défaut avant la pause.

Michalak, c’est pas le pied...

Trois pénalités d’Elissalde (51e) et Michalak (61e, 73e), qui ne faisaient que mettre en évidence l’incroyable faillite au pied des deux Toulousains jusqu’alors – onze points oubliés en route ! – avaient valeur de frémissement, et le Vélodrome voulait y croire (14-19, 71e). Pourtant, revenus à cinq points de leurs bourreaux sud-américains, Pelous et les siens baissaient la tête, incapables d’aller chercher cette victoire au forceps capable, à défaut de séduire, au moins de faire tomber son record d’invincibilité. Invaincu en huit sorties sous le maillot tricolore, William Servat, comme un mort de faim et à grands coups d’épaule, tentera bien de sauver ce qui pouvait l’être, bien aidé en cela par un Julien Peyrelongue, incisif dès son entrée en jeu et que l’on aurait aimé voir suppléer les tristes sires titulaires plus tôt.

Au lieu de cela, les Pumas, plus rugueux que jamais sous la conduite impeccable d’Agustin Pichot, allaient prendre un malin plaisir à imposer aux Coqs une humiliation à la hauteur de leur faillite. Et qui mieux que Omar Hasan, pilier fait du plus bel aliage, élevé au rang de référence sous les maillots agenais et aujourd’hui toulousain, pour inscrire dans les arrêts de jeu l’essai d’une quatrième défaite de rang (24-14, 80e) pour les Bleus face à leur bête noire. Et tous les supporters du XV de France d’en appeler déjà à qui de droit: “Bernard, qu’est-ce qu’on fait maintenant?”

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