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Rude concurrence pour le sucre mauricien sur le marché européen

29 septembre 2006, 00:00

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Les défis s?amoncellent pour l?industrie sucrière. Les revenus provenant de la vente du sucre baisseront de Rs 4 milliards en 2009. La réforme doit s?accélérer. Notre survie passe, en fait, par la production d?un sucre plus compétitif et par notre flexibilité à pouvoir nous adapter aux besoins du marché.

Telle est l?analyse de Cyril Mayer, président sortant du Syndicat des sucres. Une opinion partagée par le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. Ils sont intervenus hier après-midi, au centre de conférences de Pailles, lors de l?assemblée générale du Syndicat dont le nouveau président est Guirdharry Juggessur.

?Il est impératif pour Maurice de revoir sa stratégie commerciale afin de déterminer les nouvelles orientations qu?elle devra donner à la vente de ses sucres?, a affirmé le Cyril Mayer. Le ministre de l?Agro-industrie a abondé dans le même sens, en indiquant que le Syndicat se doit d?adapter sa stratégie de marketing.

Cet exercice a déjà démarré. Le Syndicat des sucres, seul habilité à commercialiser notre production locale, s?est engagé dans des consultations avec les différents acteurs du secteur sucrier européen. Il se lance aussi dans une importante étude pour établir les perspectives de marché et identifier, dans ce contexte, les partenaires commerciaux les plus intéressants. ?Nous pensons être en mesure de prendre des décisions importantes sur ce plan au cours du premier trimestre 2007?, a fait ressortir le président sortant.

La réforme du régime sucrier européen est à la base de cette refonte massive. La baisse du prix, qui est déjà de 5 %, atteindra 36 % en 2009. En parallèle, la production européenne diminuera : des régions moins performantes cesseront d?en produire et importeront leur sucre du surplus de pays d?Europe. Mais elles en importeront aussi du bloc Afrique, Caraïbes et Pacifique, tel Maurice, et des pays les moins avancés, entraînant une plus grande ouverture du marché. Ainsi, ces pays acheteurs seront en position de force. Les exigences seront sans compromis sur le prix, la livraison et la qualité.

Conglomérats

Les producteurs européens ne restent pas les bras croisés. Des entreprises européennes se regroupent en d?importants conglomérats. Cinq ou six groupes maîtriseront toutes les étapes du business : production, livraison, distribution, emballage, stockage...

L?ensemble de la refonte, de la production à la vente du sucre, a été rendu nécessaire par la réforme du régime sucrier européen. Cette réforme touche Maurice, qui y exporte 503 000 tonnes par an. Les sucres spéciaux comptent pour un volume de l?ordre de 54 000 tonnes destinées à 34 acheteurs de 12 pays de l?Union européenne. Ces sucres rapportent davantage que les produits courants. Mais la croissance dans ce segment est ?relativement faible? et la concurrence met en péril les marchés existants.

?A la lumière des développements qui s?opérerent en Europe, nous savons d?ores et déjà que deux conditions s?imposent. La première, et sans doute la plus importante, est notre compétitivité dans le marché face aux producteurs européens et aux importations. La seconde est notre flexibilité à pouvoir nous adapter aux besoins du marché et à profiter ainsi des meilleures opportunités qui s?offriront?, a fait ressortir Cyril Mayer.

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