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Rogers : des entités autonomes... mais jusqu?où ?
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Rogers : des entités autonomes... mais jusqu?où ?
Le groupe Rogers envisage une nouvelle étape dans son processus de restructuration. Il veut créer trois divisions autonomes regroupant des activités communes pour remplacer les six clusters actuels.
Cette nouvelle organisation sera soumise à l?aval du conseil d?administration en septembre prochain, et éventuellement mise en ?uvre à partir d?octobre.
Dans cette nouvelle structure, Philippe Espitalier Noël sera responsable de la division autonome ?Leisure & Logistics? qui regroupe hôtellerie, aviation et activités maritimes.
La cellule ?Distribution & Industries? qui comprend l?importateur Scott et le fabricant de peintures Sofap a été confiée à Jean Philippe Couve de Murville et les ?Financial Services?constitués essentiellement de la compagnie d?assurance Albatross et de CIM Finance seront sous la responsabilité de Sunil Banymandhub.
Selon nos informations, le groupe Rogers s?apprête à vendre prochainement des pans entiers d?activités. Il poursuivra ainsi sa logique de s?alléger d?activités non profitables telles qu?Aqualia ou le département Frozen Foods de Scott. Socal serait à vendre.
Officiellement, concernant la nouvelle organisation, il s?agit de la poursuite de la logique de recentrage sur certains corps de métiers que le groupe juge porteurs. en 1997, le groupe Rogers avait commencé à regrouper des activités similaires ou apparentées en clusters.
Cette nouvelle structure sera une étape supplémentaire qui sera franchie mais l?objectif est toujours d?être encore ?plus focalisés sur les métiers clefs que nous avons choisis comme étant les principaux moteurs de notre développement?, déclare Hector Espitalier Noël, président du conseil d?administration de Rogers. ?La création de trois divisions autonomes traduit notre stratégie de décentraliser les responsabilités tout en permettant à nos équipes de se concentrer sur leurs spécialités respectives.?
Structures dépassées
Le plus grand conglomérat du pays remet en question ses structures depuis plusieurs années. Le modèle de holding tentaculaire semble être dépassé dans un environnement où il faut être pointu, spécialisé et flexible pour demeurer compétitif.
Face au discours officiel, pour les observateurs du monde des affaires, la nouvelle organisation doit être mise dans la perspective du ?boardroom battle? entre les principaux actionnaires du groupe, les familles Espitalier-Noël et les Taylor.
?Cette guerre est loin d?être finie. La nomination de Philippe Espitalier Noël comme successeur de Tim Taylor à la tête du groupe n?est qu?un colmatage pour éviter le pire. Nous verrons combien de temps cela tiendra?, dit un observateur privilégié du monde des affaires.
Le 6 février, le groupe Rogers avait annoncé la nomination de Philippe Espitalier Noël comme Chief executive officer (CEO) designate, qui remplacera Tim Taylor en 2007. Cette annonce était intervenue dans le sillage de rumeurs persistantes de dissensions entre les Taylor et les Espitalier-Noël.
Pour certains, la nouvelle organisation ressemble à s?y méprendre aux premières étapes d?une séparation éventuelle du groupe. Effectivement, les divisions autonomes qui seront créées seront dans un premier temps autonomes au niveau opérationnel. Elles recruteront leurs propres équipes de gestion comprenant, entre autres, un responsable des ressources humaines et un directeur financier.
Ces divisions autonomes sont appelées à devenir graduellement autonomes au niveau de la gestion de ses ressources financières. A l?issue d?une période de transition de trois ans environ, chaque division devrait pouvoir publier son propre bilan financier.
La démarche est résolument de faire de ces divisions des entités indépendantes et éventuellement, une des étapes ultimes de cette prise en charge serait qu?elles aient chacune leur propre conseil d?administration.
De là à ce qu?elle se fasse enregistrer comme société à part entière sous le Companies Act, il n?y aurait qu?un pas. Surtout si au niveau des principaux actionnaires, on s?est déjà mis d?accord sur qui conserverait quoi.
Ce scénario fait penser aux plus pessimistes que si Rogers n?a pas éclaté suite aux désaccords entre les Taylor et les Espitalier-Noël, c?est qu?ils auraient pu s?entendre sur une séparation plus ordonnée et plus planifiée. Cela accréditerait la thèse de ceux qui pensent que la séparation de New Mauritius Hotels du conglomérat n?était que la bande-annonce de ce qui se prépare.
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