Publicité

Robert Ludlum l’art d’adapter l’écriture au cinéma

28 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Robert Ludlum (1927 – 2001), a été l’auteur de 21 romans qui ont tous figuré sur la liste des bestsellers du New York Times et qui ont été publiés en trente-deux langues, à plus de 210 millions d’exemplaires. D’abord acteur, puis producteur de théâtre, il ne s’est mis à l’écriture qu’à l’âge de quarante ans, décidant d’emblée de se spécialiser dans les thrillers d’espionnage. Il remporte un premier succès en 1971 avec The Scarlatti Inheritance, puis The Osterman Week End l’année suivante et les autres ; un nouveau titre tous ans ou tous les deux ans, avec le succès de ventes que l’on sait.

Les secrets d’État, la corruption ou le dérèglement de l’appareil d’État sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de Ludlum, avec toutefois une exception qui mérite le détour : The Road to Gandolfo, en 1975, dans lequel il est question de l’enlèvement du pape et de sa substitution, ni plus, ni moins. Selon les propos mêmes de l’écrivain, le roman se voulait un thriller, mais sa plume échappa dès le début à tout contrôle et il se retrouva bien vite en train d’écrire une farce : le pape est bien content de ne plus avoir à s’acquitter de sa tâche et son substitut aime bien son nouveau rôle.

Malgré ses succès de ventes, Ludlum n’a jamais eu droit à la considération critique dont jouissait par exemple, John LeCarré. Ce qui n’a jamais empêché le public de le considérer comme un grand maître du thriller d’espionnage. Ses récits sont caractérisés par leurs rebondissements aussi innombrables qu’inattendus, et par leur suspense parfait. Ses héros ont en plus la particularité d’être très humains et très fouillés, ce qui au moins à l’époque de ses premiers romans, les différenciait des autres héros de romans d’espionnage.

Les romans de Ludlum se démarquent aussi par l’attention accordée aux moindres détails et ce souci du réalisme – dans les limites posées par ce genre de roman, cela s’entend –, l’auteur se livrant à des recherches très poussées sur les sujets qu’il évoque. Ses recherches sur l’amnésie pour The Bourne Identity /La Mémoire dans la Peau (1980), par exemple lui auront pris plus de trois années. L’écriture de ses romans, quant à elle, est des plus efficaces, avec ceci d’intéressant puisqu’elle s’adresse non pas aux amateurs de belle littérature mais aux amateurs de cinéma d’action. Les mots, les phrases, les paragraphes et les chapitres dans les romans de Ludlum se succèdent, puis s’organisent et se construisent comme les images, les plans, les séquences et les épisodes dans un film d’action.

C’est possiblement une des raisons pour lesquelles ils ont été plus d’un à adapter les romans de Ludlum au grand ou au petit écran, pas toujours avec bonheur. Sam Peckinpah réalisa une assez bonne adaptation de The Osterman Week End en 1983. D’autres romans ont eu moins de chance (une adaptation de The Holcroft Covenant pour le cinéma en 1985 et de The Bourne Identity en série télévisée en 1988, regardables, mais sans plus) et il faut bien avouer que le succès de La Mémoire dans la Peau/ The Bourne Identy, version 2002, est dû autant à la réalisation et à l’interprétation qu’aux nombreuses modifications faites au récit original.

La réalisation de La Mort dans la Peau, deuxième volet des aventures de Jason Bourne / Matt Damon a été confiée à Paul Greengrass, réalisateur de Bloody Sunday. Ce qui en a étonné plus d’un, Bloody Sunday étant un film quasi-documentaire sur la fameuse et tragique manifestation pour les droits civils à Derry en Irlande. Les producteurs d’Hollywood ont eu du mal à accepter l’idée que cet auteur indépendant puisse être aux commandes d’un blockbuster, mais ont fini par céder devant l’insistance du scénariste. Ils doivent s’en féliciter aujourd’hui, vu le succès que connaît le film.

Publicité