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Robert Korzeniowski entre dans l’histoire
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Robert Korzeniowski entre dans l’histoire
Pour la première fois dans l’histoire des JO, un coureur a remporté trois fois de suite, l’or sur le 50 km marche.
Le Polonais Robert Korzeniowski a accompli, hier, l’exploit de remporter la médaille d’or olympique du 50 kilomètres marche pour la troisième fois d’affilée. Avec un total de quatre titres olympiques, Korzeniowski a gravi un nouvel échelon au classement des légendes des Jeux, rejoignant des quadruples lauréats tels Emil Zatopek, Lasse Viren et Al Oerter.
« Le Roi du Macadam », ainsi qu’il est surnommé dans le nord de la France, où il habite, a notamment profité de la tactique suicidaire du Chinois Han Yucheng, rapidement disqualifié, pour s’imposer en 3h38:46. L’argent est revenu au Russe Denis Nizhegorodov, au bord de l’évanouissement une fois la ligne d’arrivée franchie, et son compatriote Alexeï Voievodine s’est emparé du bronze.
Korzeniowski, 36 ans et également triple champion du monde, avait déjà gravé son nom sur les tablettes de la marche en réalisant le doublé 20-50 km voilà quatre ans à Sydney.
Apparu aux Championnats d’Europe de Split en 1990, le natif de Lubaczow, à la frontière ukrainienne, connaît la déception d’une disqualification (2e sur la piste) pour sa première expérience olympique à Barcelone en 1992, année choisie pour installer une base d’entraînement au nord de la France.
Troisième des Mondiaux de Goeteborg en 1995, il coiffe ses premiers lauriers l’année suivante au terme des 50 km olympiques d’Atlanta. À partir de là, il conquiert l’Europe, le monde, époussète les tablettes internationales.
Le doublé 20-50 km de Sydney est un sommet de cette discipline ingrate et exigeante, aidé il est vrai par la disqualification du Mexicain Bernardo Segura, vainqueur sur la piste. Korzeniowski devient alors un héros national dans son pays, derrière évidemment son propre héros, le Pape Jean-Paul II.
« Korzen » pour les uns, « roi du macadam » pour les autres, ce marcheur de 1,70 m pour 62 kg est le modèle pour le milieu. L’un de ses rivaux, l’Espagnol Jesus Angel Garcia, estime même que le Polonais est « pour la marche, l’équivalent de Lance Armstrong en cyclisme ».
À n’en pas douter, un retour triomphal l’attend en Pologne, pays dont il est désormais l’athlète le plus titré aux Jeux, devançant d’une longueur Irena Szewinska, reine du sprint dans les années 60.
À Athènes, où il avait coiffé en 1997 la première de ses trois couronnes mondiales, Korzeniowski a effectué sa « dernière marche de haut niveau ».
« C’était le titre que je désirais le plus, celui dont je rêvais », a-t-il avoué, tout juste déçu de la présence d’à peine 100 personnes dans le stade olympique, alors « que tous mes autres titres avaient été remportés dans des stades pleins ».
À 36 ans, l’heure est venue de transmettre son savoir, ce qu’il a commencé à faire en conseillant des marcheurs irlandais. À moins qu’il ne se consacre uniquement à sa soeur Silvia, junior prometteuse dans la discipline. Pour donner un peu plus encore d’éclat au nom Korzeniowski.
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