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On the road again
Son précédent album, Séga mo la vi, était un best of, celui-ci s?intitule Bon Zafer. C?est presque comme si Marcelino en rajoutait une couche mais sans prétention aucune. Loin d?avoir dit son dernier mot, l?interprète de Mo Kontan planter, amateur de jeux de mots, de phrases bien senties, continue à secouer le séga, en restant bien calé dans les réalités du pays. Bon Zafer a déjà le mérite d?être clair dans ce qu?il veut véhiculer : du divertissement, de la bonne humeur.
Au pays de la musique bien de chez nous, on aime Marcelino depuis ses débuts il y a vingt-cinq ans, en raison de cette voix si proche d?une autre institution musicale que la postérité a déjà retenue sous le nom de Jean-Claude Gaspard. Même voix un peu haut perchée, même faculté à se moquer des bonnes consciences et à faire couler, un album durant, toutes les saveurs que notre créole conserve jalousement depuis des générations. De cette comparaison est né un autre artiste dont le mérite est tout aussi grand.
« Même si ma réputation est établie, j?ai encore du mal à trouver un producteur. Seul Gérard Louis a cru dans mon album. »
Si pour faire un bon séga il n?y a pas de recette miracle, si ce n?est être fin observateur de ses contemporains et savoir tourner leurs travers en dérision, Marcelino réussit cette gageure. Il n?a que faire de se poser en donneur de leçons, il aime, chanter sous couvert de l?humour, pour mettre en musique, des faits de la vie courante. Chanter du bon séga, pour en faire des Bon Zafer, Marcelino en sait quelque chose. Sa gouaille musicale qui cache une certaine réserve dans la vie courante, plaît depuis ses premiers pas aux côtés de Serge Lebrasse et du groupe Kanasuc?. Jamais en panne d?inspiration, Bon Zafer scelle le destin de cet amoureux du séga .
Aujourd?hui Marcelino fait partie du patrimoine musical local. Malgré sa réputation établie depuis La vi na pa facil, son premier succès qui date de 1981, Marcelino explique qu?aujourd?hui les conjonctures veulent que les producteurs, à l?exception de Gérard Louis, sont frileux à l?idée de produire du séga d?ambiance. « Même si ma réputation est établie, j?ai encore du mal à trouver un producteur. Seul Gérard Louis a cru dans mon album, » se désole-t-il.
Pourtant, Marcelino fait ce qu?on attend de lui : du séga d?ambiance bien tourné, avec orchestration réussie, texte appuyé et cette bonne vieille dose d?humour incontournable pour que prenne la mayonnaise. S?il signe quatre des chansons de l?album, il sait s?entourer de collaborateurs de haut calibre .Gérard Louis, et Roger Ramdanee apportent leur touche et leur griffe à ce disque accrocheur.
On aime son petit côté coquin, Regarder na pas toucher, son côté joli c?ur, Vive nou l?amour ou Toi mo doudou, des chansons d?amour qu?il aime chanter. Son côté folklorique se révèle sur A nou alle la mer et son côté sérieux sur L?enfer la drogue, Pas tente lor la monnaie. Laboureur n?est pas sans rappeler le fameux Mo kontan planter. Rythmes entraînants, mélodie légère et accrocheuse, Bon Zafer fera l?affaire de tous. C?est en plus un cadeau à tous ses fans.
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