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Ringadoo fait des concessions mais la désobéissance tient bon
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Ringadoo fait des concessions mais la désobéissance tient bon
Après des discussions tous azimuts, le gouvernement consent à faire quelques concessions fiscales. A l?issue d?un conseil des ministres spécial de deux heures, il accepte d?assouplir le dépôt en espèces obligatoire préalable aux importations. Il prétend que des solutions satisfaisantes ont été trouvées. Elles concernent le rétablissement du Earned Income Relief de Rs 6 000, la révision du barème de l?impôt (5% au lieu de 10% pour la première tranche imposable), abattement fiscal pour les retraités, séparation des revenus des époux, etc. Les tarifs douaniers sont revus pour soulager certaines catégories de producteurs et de consommateurs.
Ces concessions de Ringadoo n?entraînent toutefois aucune modification concernant le mot d?ordre de désobéissance civile. Les représentants des organisations disposées à participer au mouvement de protestation préconisé par les contestataires travaillistes, continuent à mettre la dernière main aux préparatifs. Les activités économiques seront, par conséquent, partiellement paralysées en cette journée du 22 juin 1979. La MTPA tient bon malgré une tentative de dernière chance et de dernière heure de la part du commissaire à l?impôt, M. Max Henry. La réponse de Philo Blackburn ne manque pas de dignité : ?Les 29 000 contribuables ne peuvent accepter ce cadeau empoisonné sur le dos de 900 000 consommateurs? Nous maintenons nos exigences de suspension des mesures fiscales votées le 12 juin 1979, de sécurité des emplois, de création de nouveaux emplois, de relance économique?. A L?Express, Philo Blackburn explique : la MTPA veut une refonte du budget 1979/80? Il faut faire appel à toutes les bonnes volontés pour revoir le budget dans son concept et sa philosophie.
Le mouvement de désobéissance civile obtient à la dernière minute le soutien de plusieurs organisations et syndicats, comme la FSSC. Celle-ci craignait de ne pas pouvoir organiser un mouvement d?une telle ampleur dans un laps de temps aussi restreint. L?UBIW donne aussi un mot d?ordre dans ce sens. Les autobus des principales compagnies resteront par conséquent au garage.
La protestation de MECOM donne une idée de la confusion des esprits à la suite de la première présentation du budget national 1979/80. Cette compagnie importatrice de machines agricoles fait savoir à ses employés combien incertain est désormais leur gagne-pain en raison des nouveaux tarifs douaniers. Les taxes sur des pièces de rechange pour une valeur d?un million de roupies passent de Rs 75 000 à Rs 520 000 (+ 593%), sur un tracteur valant Rs 80 000 de Rs 2 600 à Rs 61 600 (+ 2 269%), sur un dumper coûtant Rs 20 000 de Rs 1 500 à Rs 15 400 (+ 927%), sur un rouleau compresseur (Rs 200 000) de Rs 15 000 à Rs 104 000 (+ 593%).
Une façon comme une autre de dire quel rouleau compresseur peut être parfois la présentation budgétaire de nouvelles mesures fiscales et tarifaires.
Il se trouve que la vie est plus optimiste que l?homme. Ce dernier s?inquiète et lance un mouvement de désobéissance civile. Les projets économiques et industriels vont cependant de l?avant. Ainsi, Le Peuple, l?organe du MMM, annonce un projet d?usine de montage à Maurice de voitures de la marque Citroën. S?il se réalise, il donnera du travail à 900 personnes. M. Robert Alizar rencontre, à cet effet, des représentants du gouvernement et du secteur privé.. Le capital initial requis serait de seulement dix millions de roupies. L?usine produira quatre modèles de voitures qui seront vendues à partir de Rs 40 000. Une condition toutefois mais impossible à remplir dans l?île Maurice des valses-hésitations : le feu vert doit être donné avant le 31 décembre 1979. Répondant au Peuple, le ministre du Plan, Robin Ghurburrun, déclare : ?Rien n?est encore décidé jusqu?ici. Le projet est toujours à l?étude?. Ça commence ? donc mal !
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