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Revendication identitaire : Un thème récurrent

15 avril 2007, 00:00

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L?histoire de la République de Maurice a souvent été ponctuée par des manifestations, parfois violentes, de citoyens qui, à tort ou à raison, ont estimé que leur appartenance à un groupe ethnique ou religieux spécifique avait été bafouée.

La manifestation organisée en novembre 1998 par des Mauriciens d?origine tamoule peut être classée dans ce registre. Elle faisait suite à la décision de la Banque de Maurice de modifier l?ordre des inscriptions en langues orientales, en vigueur jusqu?ici sur les billets de banque. Le libellé en langue tamoule, qui jusqu?alors avait figuré en deuxième position, juste derrière l?inscription en anglais, avait été relégué à la troisième position.

Ce mouvement avait porté ses fruits

Ce changement a ainsi provoqué la colère de la communauté tamoule, qui a estimé qu?il s?agissait d?« une injustice et d?un manque d?égard » envers elle. Lors d?une manifestation organisée devant la Banque de Maurice, certains esprits é-chauffés, rapporte l?express du 14 no-vembre 1998, « se sont mis à reproduire des rites religieux, certains brisant des noix de coco devant l?immeuble, d?autres lançant en direction des policiers de faction des citrons coupés en quatre ». Ce mouvement avait finalement porté ses fruits et les billets en question avaient été retirés de la circulation.

En juin 2005, un incident était survenu lors d?une exposition organisée par l?école des beaux-arts du Mahatma Gandhi Institute (MGI), dans le cadre de la 24e édition du Salon de Mai.

Vers 10 heures, six véhicules font leur entrée dans l?enceinte de l?institution et se garent sur l?aire de stationnement. Une quarantaine d?individus en descend. Ces derniers se dirigent alors vers le fond de la salle où est exposé un tableau de l?artiste Rikesh Boodhun, intitulé Maa. Ils le décrochent. Ces personnes estimaient que ce tableau est indécent, choquant et insultant à l?égard de leurs croyances religieuses. La direction du MGI a alors dû retirer le tableau de la salle d?exposition.

Bien qu?elle n?ait pas été marquée par un quelconque acte de violence, la manifestation du 25 février 2006 se situe dans la mouvance de ces nombreux citoyens mauriciens qui estiment qu?il faut mettre beaucoup d?accent sur leur identité culturelle et/ou religieuse.

« Constituer un groupe de pression »

Le 25 février a vu la création officielle de l?Union chrétienne, lors d?une réunion à l?auditorium Octave Wiehé. L?objectif de cette initiative consiste à « constituer un groupe de pression auprès des instances de décision de l?État ». Quelque 1 400 personnes avaient assisté à cette manifestation.

Benjamin Moutou, président de l?Union chrétienne, a alors souligné que l?objectif de cette association « est de faire entendre les voix de cette partie de la population mauricienne qui n?a pas eu voix au chapitre depuis quatre décennies. Nous souhaitons aujourd?hui, à travers cette association, établir une passerelle entre la population chrétienne de l?île et le pouvoir pour être en mesure de leur faire part des grands problèmes de notre société ».

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