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Retour en force!

10 février 2007, 00:00

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Il est de ces femmes que l?âge embellit. Maruschka Detmers est de celles-là. A 45 ans, elle est resplendissante de maturité. Avec elle, il n?y a point de Madame Detmers. C?est Maruschka tout court.

Ce séjour à Maurice constitue une coupure dans un emploi du temps très serré, consacré en majeure partie aux répétitions de L?Arbre de joie, sa première pièce au théâtre. «Ce n?est pas faute d?avoir eu des propositions dans le passé. J?ai refusé en partie car les pièces ne me plaisaient pas. Ensuite, je pensais que le théâtre était pour les vrais acteurs de théâtre. Je crois que je n?arrivais pas assez à me prendre au sérieux. Le temps a passé. La proposition de jouer dans cette pièce a coïncidé avec une envie impérieuse de faire du théâtre. D?où mon acceptation».

La première représentation de L?Arbre de Joie aura lieu à la mi-mars. Dans cette pièce co-écrite par Louis Michel Colla, directeur du théâtre et par le Professeur David Khayat, cancérologue de renommée mondiale, Maruschka joue le rôle de Marie, femme atteinte d?un cancer du sein.

«La pièce L?Arbre de Joie repose sur des faits réels qui se sont produits, il y a une dizaine d?années. En Chine, il y a un arbre que l?on nomme l?Arbre de Joie et il est dit que cet arbre peut tout guérir. Les médecins s?y sont intéressés et après des milliers d?essais, ils ont trouvé un médicament miracle. Ce qui fait que depuis dix ans, la plus grande partie des cancers du sein détectés à un stade très précoce, sont soignés et les femmes concernées n?en meurent plus».

Elle n?a pas encore ce trac qui lui prend généralement à la gorge entre chaque prise de cinéma. Elle appelle de tous ses v?ux cette rencontre avec le public. «Au cinéma ou à la télé, on ne voit pas son public. Là, je m?attends à être nourrie par le public».

Si Maruschka est restée aussi longtemps sans tourner après avoir crevé l?écran dans une vingtaine de films, c?est en raison de choix cinématographiques consécutifs très personnels. «Dans mon parcours au cinéma, j?ai fait trois fois de suite des choix très personnels qui étaient des univers de films d?auteurs. Ils ont certes été primés dans des festivals mais ils n?ont pas fait assez d?entrées au cinéma. Malheureusement dans un parcours d?acteur, il faut alterner le commercial et les films aux univers particuliers. Le choix personnel de trop dans mon cas a été Te Quiero de Manuel Poirier. Quand on accepte de faire un film, on a certes quelques éléments en vue comme le scénario mais on ne peut présager de sa vie future.»

<B>Coup de foudre</B>

Au moment où le cinéma lui a fait des infidélités, la télévision lui a ouvert tout grand les bras. «C?est à la télévision que j?ai trouvé les metteurs en scène les plus intéressants. Cela tient au fait que je n?ai plus 20 ans et je m?en félicite tous les jours. Lorsque j?ai remplacé Isabelle Adjani dans le premier film qui m?a lancée ? Prénom Carmen de Jean-Luc Godard ? j?ai accordé quelques interviews à des messieurs parfaitement charmants. Lorsque j?ai vu le résultat de ces entretiens où l?on s?étendait davantage sur ma façon de rire et de croiser ou de décroiser mes jambes, j?ai compris que ce métier ne pouvait pas me concerner avant l?âge de 38 ans. C?est maintenant que l?on me donne le droit d?exprimer des choses de l?ordre de l?âme et de la vie humaine».

Le cinéma reprendra ses droits dans sa vie en septembre. Un proche du réalisateur Patrice Chéreau, la fera tourner dans un film intitulé Un Supplément d?Ame avec Bruno Tedeschi. Du scénario, Maruschka ne dira qu?une chose : «C?est un songe? » De tous ses films, c?est le film télévisé Mata Hari qui recueille ses préférences en raison «de la collaboration très intense avec le metteur-en-scène Alain Tasma. J?ai peu rencontré de regard aussi exigeant et aussi aiguisé». Celui qu?elle a détesté est Armen and Bullick avec Patrick Macnee et le chanteur Roch Voisine. D?un point de vue plus personnel, cela fait quatre ans que Maruschka a rencontré le Dr Lukas Bartok. Le coup de foudre a été instantané. «Ce fut brusque, soudain, impérieux. C?était évident dès les premiers moments. Nous avons vécu ensemble dès le premier jour. Et nous sommes là pour durer». Le couple vit avec Jade, la fille de Maruschka qui a 17 ans et qui a à son actif une prestation «renversante», selon sa mère, dans le film La Plage Noire de Michel Piccoli.

Maruschka tient à ce que Jade termine ses études d?abord. «Au final, c?est elle qui choisira». En week-end, ils sont rejoints par Julie, la fille de huit ans de son mari. Elle qui a fait le tour du monde à 47 reprises, en est à sa toute première visite à Maurice. Son mari est venu une fois et a été séduit par «l?accueil et la beauté du site». Depuis son arrivée avant hier, Maruschka est sous le charme. «Maurice a été découvert par les Hollandais et je suis Hollandaise. Il y a un lien. Ce qui me frappe, c?est l?existence de toutes ces religions différentes et de ces cultures. Je sens que la langue a subi ces influences. J?ai toujours fonctionné comme une éponge de langues et de cultures». Si elle n?a pas le temps de tout voir durant ce séjour qui prendra fin aux alentours du 15, elle entend bien revenir. «J?ai beaucoup voyagé mais là, je suis sous le charme et épatée?» Nous aussi?

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