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Ressorts
Après la sonnette d?alarme de la Mauritius Commercial Bank, c?est au tour des statisticiens de l?Etat d?afficher leur inquiétude au sujet des cahotements de l?économie. Sans doute, les nuages à l?horizon sont-ils plus perceptibles maintenant.
Face aux dangers, il serait inconscient de penser que, fatalement, nous devons subir les conséquences des causes externes de la dégradation de notre économie. Il est vrai que le renchérissement du pétrole, la baisse du prix garanti pour le sucre et le démantèlement de l?Accord multifibre fragilisent le pays. Mais tout n?est pas perdu. Les Mauriciens ont déjà démontré qu?ils possèdent les ressorts nécessaires pour sortir de l?ornière. Pour cela, il faut une stratégie multiple, tant sur le plan extérieur qu?intérieur.
Au niveau de la diplomatie économique, les efforts sont nombreux. Le lobbying intense mené par le ministre des Finances et le ministre de l?Agriculture devrait porter des fruits. Le réveil du tourisme est tardif, mais les mesures prises pour l?aviation et le marketing de la destination Maurice devraient atténuer la crise. Dans le textile, Maurice sollicite de l?aide pour aider à moderniser ses usines. La contraction de l?industrie se fait désormais à un rythme réduit. De plus, nous avons arraché la dérogation qui nous autorise à utiliser du tissu en provenance de pays tiers tout en bénéficiant des avantages de l?Agoa.
De toute façon, en ce qui concerne le textile, l?hémorragie s?arrête bientôt car les groupes hongkongais ont fini de plier bagages. La nouvelle stratégie officielle est d?attirer les investisseurs qui croient en nos capacités malgré les nouvelles règles du commerce international.
Si l?agressivité de nos dirigeants sur la scène internationale augure bien de l?avenir, en revanche, il manque toujours l?audace nécessaire pour réformer les institutions et les adapter à l?environnement moderne. Au classement du World Economic Forum (WEF). Maurice obtient sa plus mauvaise note pour la qualité de ses institutions publiques. Le Fonds monétaire international souligne, pour sa part, dans un rapport soumis le 25 août dernier, une de ces faiblesses. Ses directeurs ?urged the authorities to take steps to make the wage bargaining system more flexible and streamline labour regulations to stem the rise in unit labour costs.?
Les réformes les plus urgentes concernent les administrations publiques. Si le gouvernement arrive laborieusement à mettre sur pied Enterprise Mauritius, en dépit de l?ego surgonflé de quelques potentats qui ont peur de perdre leurs pouvoirs avec la fusion annoncée de quatre organismes, les autres réformes sont encore plus lentes à se concrétiser. Les dirigeants tardent à tirer les leçons de l?échec de quelques missions d?investissement à l?étranger, notamment celle organisée par le Board of Investment à Birmingham au début de ce mois. Il y a une confusion des rôles dans le secteur des technologies de l?information qui reste à éclaircir.
Néanmoins, Maurice possède le génie pour sortir des situations de crise. Rappelons-nous de ce que l?écrivain V. S. Naipaul écrivait dix ans avant le ?miracle économique? : ?At the end of the day, they will be left with what they started with: an agricultural colony, created by empire in an empty island and always meant to be part of something larger, now given a thing called independence and set adrift, an abandoned imperial barracoon?.
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