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Renvoi à janvier 1982 des examens de SC-HSC
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Renvoi à janvier 1982 des examens de SC-HSC
Pas superstitieux pour un sou, le gouvernement travailliste décide, le vendredi 13 novembre 1981, de renvoyer, à janvier 1982, les examens du School Certificate et du Higher School Certificate, prévus pour novembre-décembre 1981. Il n’anticipe, bien sûr, aucun impact négatif et regrettable sur les élections générales pourtant imminentes, notamment en ce qui concerne le vote des jeunes. Comment pourraient-ils ne pas faire confiance au PTr qui gouverne Maurice depuis les cyclones Alix et Carol de sinistre mémoire ? Comment ne pas faire confiance au PTr qui gère si bien les crises, résultant de la double dévaluation de la roupie et des fuites de questionnaires du SC-HSC de l’infaillible université de Cambridge ? Le communiqué, émanant du ministère, dirigé par le secrétaire général du PTr, non pas l’ancien mauve Dharam Gokhool, mais le plus rouge des rouges, Sir Kher Jagatsingh, ne va pas jusqu’à souhaiter banané et joyeuses fêtes de fin d’année aux potaches, devant surseoir de trois mois leur émancipation scolaire secondaire. Mais c’est tout comme. Où irions-nous s’il fallait qu’un GM, démocratiquement élu, se préoccupe des états d’âme des potaches ? Pourquoi ne pas lui demander, pendant que nous y sommes, de s’attendrir sur le sort des écoliers ne pouvant récolter les A+ requis pour accéder aux seuls quatre collèges d’Etat valant la peine d’être fréquentés, si l’on veut décrocher une bourse d’études supérieures à l’étranger, parski local (l’université de Maurice) pas bon.
En ce début de novembre 1981, les journaux multiplient les échos, concernant les copies de questionnaire, mises en vente plus ou moins ouvertement. La presse travailliste essaye bien, au début, mais timidement, de s’insurger contre “le dangereux précédent” consistant à publier dans des journaux le contenu des copies de questionnaire en circulation. Elles perdent évidemment leur valeur marchande après une telle diffusion. Pourquoi, en effet, payer Rs 500 pour obtenir une information qu’un journal (bien sûr irresponsable et s’adonnant à la prostitution) offre à ses lecteurs pour une roupie et cinquante sous ?
La contagion des fuites s’étend à des questionnaires de mathématiques, de commerce, à ceux du GCE O Level. Une rumeur persistante concerne même les examens de Standards IV et V. Ceux du CPE naissant viennent d’avoir lieu à la fin d’octobre, après les habituelles menaces de boycott des instituteurs-surveillants et des instituteurs-correcteurs. L’express se contente parfois de diffuser le contenu des copies de questionnaire que ses journalistes lui rapportent, diffusion faite, bien sûr, au nom de cette égalité des chances, donnant le tournis à certains à l’hôtel du GM et dans ses chapelles annexes. A d’autres moments, l’express, plus chanceux, peut annoncer à ses lecteurs qu’il détient un questionnaire original. On s’inquiète, bien sûr, des répercussions internationales données aux fuites contagieuses, constatées à Maurice. De joyeux plaisantins allèguent même qu’il y a désormais autant de fuites au ministère de l’Education qu’il y en a à la CWA, pourtant réputée. Collégiens et enseignants d’Etat commencent à réagir. Curieusement, le MMM épouse religieusement la position préférée du PTr : les fuites ne peuvent provenir que de l’étranger. Cette position mauve vire sa cuti quand la presse travailliste précise que ces fuites exogènes proviennent probablement des Seychelles, du Bangladesh ou du Pakistan. Le divorce devient alors inéluctable, annonçant à l’avance le “pas fouti travaille ek travaillistes” de la mi-1997. Le PSM d’Harish Boodhoo préconise plus intelligemment la création d’un Local Examinations Syndicate. Remplacez local par Mauritian et vous obtiendrez notre présent MES que dirige Lucien Finette.
Cambridge s’émeut de ces fuites mauriciennes, jetant un doute préjudiciable sur son infaillibilité notoire. Cette université confirme toutefois l’authenticité des questionnaires divulgués par la presse mauricienne. Elle envoie à Maurice un de ses experts en matière de sécurité, le bon Beck. Elle promet aussi l’arrivée du secrétaire de son Examinations Syndicate.
Sir Kher Jagatsingh finit par rentrer de Paris où nos relations avec l’Unesco le retenaient au moment où éclate, à Maurice, le scandale des fuites de questionnaires d’examens de SC-HSC. Son retour au bercail redonne un semblant de direction à la toupie qu’est devenu, en son absence, son ministère, toupie ne sachant plus sur quelle pointe faire ses entrechats. On commence d’abord par “suspendre” les examens de SC-HSC, en attendant que lumière se fasse sur les origines de cette mystérieuse contagion de fuites. A vous de deviner la tête que peuvent faire les potaches, comptant les jours les séparant du Jour J et de l’Heure H de l’épreuve fatidique.
Sir Kher Jagatsingh fait enfin savoir qu’il est en faveur de l’annulation pure et simple de la session d’examens de novembre-décembre. Mais pour cela, l’île Maurice, indépendante depuis 1968, a toujours besoin du nihil obstat de l’infaillible Cambridge. Enfin le vendredi 13 novembre 1981 la presse travailliste et la MBC peuvent annoncer triomphalement que, par ordre du GM, les examens du SC-HSC de novembre-décembre 1981 auront lieu en janvier-février 1982. Du même coup, on annonce la nomination d’une commission d’enquête, que présidera l’ancien chef juge, Sir Maurice Latour-Adrien, pour faire la lumière voulue sur ces fuites contagieuses.
Interrogez n’importe quel potache de la classe 1981, il vous assurera qu’il n’a jamais eu de Noël plus joyeux, ni meilleur banané qu’en cette année 1981 de sinistre mémoire. Vous pourrez le croire sur parole.
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