Publicité

Rentrée scolaire houleuse en perspective

27 novembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La rentree de janvier risque de ne pas se passer sur des roulettes. Syndicats du primaire, du secondaire et managers de collèges privés se disent prêts à sortir l?artillerie lourde.

Ils se rencontrent ce matin pour décider des actions à prendre à la rentrée scolaire. Plusieurs options seront à l?étude lors de cette assemblée générale spéciale. «Nous sommes toujours en attente de quelque chose de concret de la part du ministère de l?Education, explique Harris Bachwa, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés, mais malgré tous nos appels, il n?y a pas de réaction. Le secteur est malade et tout le monde rouspète. Nous sommes fatigués de parler et il est grand temps de faire quelque chose.» Les problèmes liés à l?émission des bus pass dans le cadre du transport gratuit sont aussi à l?agenda.

L?année dernière, la possibilité de bouder la rentrée en signe de protestation à la rentrée avait été évoquée mais la situation s?était arrangée à force de réunions entre le ministère de l?Education et la Fédération.

Faut-il prévoir le même scénario cette année ? Non, disent certains patrons des établissements secondaires privés. «Il y a eu plusieurs promesses mais la plupart d?entre elles n?ont pas été tenues, confie le manager d?un collège confessionnel. Je souhaite qu?on ne se laisse pas prendre au piège encore une fois.»

Ailleurs, l?humeur n?est guère meilleure. L?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) prévoit «une rentrée houleuse et même un boycott de la rentrée» si certaines garanties ne sont pas données par le ministère de l?Education. «Si jamais, il y a des fermetures de collège sans consultation et pas de redéploiement du personnel, nous n?avons pas d?autre choix», affirme Yahya Paraouty. Il exige aussi une normalisation des relations entre les autorités éducatives et son syndicat.

Manifestation estudiantine</B>

Quant à la plate-forme sur les subsides du School Certificate et du Higher School Certificate qui réunit les partis de l?opposition et les centrales syndicales, elle envisage de tenir une première grande manifestation estudiantine en février. L?objectif est de faire au moins aussi bien que l?année dernière qui avait vu trois grandes mobilisations, réunissant plusieurs milliers d?étudiants à Port-Louis, Rose-Hill et Flacq.

Au primaire, on affûte également les armes pour la prochaine rentrée. La proposition soumise au Pay Research Bureau par le ministère, concernant une révision des critères de promotion des assistants maîtres d?école, provoque la grosse colère des syndicalistes. Au lieu du seul critère d?ancienneté, le ministère propose une formule mixte ancienneté et la nomination sur une base de concours. Les syndicalistes du secteur ne veulent pas en entendre parler.

Vinod Seegum, président du principal syndicat du primaire, en l?occurrence la Government Teachers? Union, prévoit d?avoir recours à de fortes actions industrielles. «Dans un premier temps nous prévoyons de descendre dans les rues et si les choses ne s?arrangent toujours pas, nous irons probablement vers une grève. La possibilité que nous demandions à nos membres de déposer leurs plumes est très sérieuse. Nous allons d?ailleurs les réunir à la rentrée pour décider de tout cela.»

Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU) est encore plus catégorique. « Je suis convaincu que nous ferons une grève générale au premier trimestre.» Là aussi, le principal motif de mécontentement est la proposition du ministère de revoir les procédures de promotion des assistants maîtres d?école. «C?est une provocation vis-à-vis des enseignants. Il n?y a pas mille solutions. Il n?y en a qu?une pour préserver nos droits acquis et c?est la grève générale.»

Pourquoi ce refus catégorique de la proposition du ministère ? «La formule de promotion à la suite d?une compétition était en vigueur jusqu?en 1993, argue Vinod Seegum qui va dans le même sens que son collège de la GHTU. Ce système avait été aboli parce qu?il n?était pas juste et transparent. C?était la porte ouverte aux abus en tout genre. L?appartenance politique ainsi que d?autres considérations viendront fausser l?exercice.

Il n?y a aucun doute là-dessus.» Vinod Seegum concède, toutefois, que la formule actuelle n?est pas idéale, mais est celle «du moindre mal». De son côté, Suttyhudeo Tengur ajoute : «Si on regarde les pratiques du passé, on constate que la compétition n?est pas en faveur de ceux qui n?ont pas la bonne couleur politique du moment. Il n?y avait aucune transparence dans le système de promotion.» Compte tenu de toutes ces récriminations, la rentrée 2008 risque fort de ne pas être de tout repos.

Publicité