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Renouvellement et renouveau

21 septembre 2008, 00:00

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<B>Par Robert D?ARGENT</B>

L?heure du renouvellement des exécutifs des associations et fédérations est sur le point de sonner. L?olympiade qui commence signifie en effet un nouveau contrat de confiance entre dirigeants et dirigés. Du moins, c?est ainsi qu?idéalement se présente la passation des pouvoirs. Mais dans la réalité, nous savons bien que les choses sont tout autres.

Il y a ceux qui pensent qu?ils sont propriétaires, ni plus ni moins, du sport où ils sévissent, parfois en famille, souvent entre amis ou coreligionnaires et les élections sont pour eux une partie de chaise musicale à laquelle ils sont rompus. Ils redistribuent les rôles et comme ils ont la main haute sur tout, le poste importe peu. Ils sont et restent leader maximo.

Il y a aussi ceux qui téléguident de loin la vie des fédérations où officiellement ils ne sont pas présents physiquement. Il y a même ceux qui ignorent qu?ils sont engagés en politique jusqu?au jour où l?évidence les rattrape. Leur influence est grande cependant et elle se fait toujours sentir d?une façon ou d?une autre : politiquement, financièrement, par le biais d?intermédiaires vénaux.

La situation s?est corsée depuis l?obligation faite aux fédérations de se doter de clubs et les lacunes existantes d?une loi scélérate qui permettent aux plus rusés et aux moins scrupuleux de créer des clubs fictifs, chevaux de Troie d?où débarque leur ambition débridée au moment opportun. Situation, soit dit en passant, qui ne dérange personne dans les sphères censées représenter l?autorité.

La trame est presque identique à celle sur laquelle se feront entendre dans quelque temps ? ces temps-là approchent aussi ? les vociférations publiques et celles plus insidieuses qui se déroulent en privé. Ce qu?on a coutume d?appeler campagne électorale. Ce fameux numéro d?illusionnisme, ce grand bluff où il s?agit de flouer le plus grand nombre. Et l?on s?étonne ensuite qu?il ne sorte rien de bon de ce cloaque où argent sale, instincts primaires et tribaux et mirages en tous genres jouent à qui mieux mieux.

Dans de telles conditions, la démocratie est-elle l?expression de la liberté des consciences citoyennes ? Est-elle le reflet de la véritable conscience sociale de chaque électeur ?

Peut-on songer un instant à un modèle électoral où les élections sont une opportunité de remédier à tout défaut ou imperfection dont pourrait souffrir une assemblée en raison des actes posés par ses membres ? Où aucune pression, aucune influence quelle qu?elle soit ne viendraient en aucune circonstance affecter leurs vues ou restreindre leur liberté ? Où les campagnes électorales, la présentation de candidats serait interdites parce qu?il serait demandé aux votants de prêter une grande attention à la capacité réelle et aux réalisations actuelles des futurs élus, ce qui éliminerait d?emblée intrigue, tromperie, collusion et contrainte ? Où il s?agirait de désigner les plus qualifiés sans tenir compte de leur situation sociale, de leur appartenance ethnique, de leur sexe ? Un système électoral qui exalterait la vertu, l?intégrité, l?honnêteté, la compétence ? Pour que le fondement même de l?administration ait un sens et que des comités exécutifs ne soient plus le terrain de jeu des plus rusés, des plus influents, la chasse gardée d?hommes pouvant financer et ayant leurs entrées au sein du pouvoir en place et lui servant de relais.

Si ce modèle existe, politiciens et administrateurs fédéraux feraient bien de s?en inspirer. L?homme n?a pas été conçu pour se contenter de la médiocrité.

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