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Remplacement de l?IRA : La tension monte

15 novembre 2004, 00:00

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Levée de boucliers des syndicalistes autour du Livre blanc sur le remplacement de l?Industrial Relations Act (IRA) de 1973. Le ministre du Travail et de l?emploi, Showkutally Soodhun, en est conscient. Il a convoqué pour demain une réunion bipartite pour s?expliquer avec les syndicats. Ces derniers devront pour leur part fournir des raisons pour lesquelles ils n?approuvent pas le Livre blanc sur l?Employment and Labour Relations Act.

Les points de désaccord portent principalement sur la non-inclusion du droit de grève dans la Constitution de Maurice, la nécessité de ne pas autoriser les employés travaillant dans les secteurs clés du pays à se syndiquer et la nécessité de promouvoir le principe de négociation collective. De même, les syndicalistes désapprouvent le fait que des policiers ne doivent pas adhérer à un syndicat.

?Que se passera-t-il si les policiers se mettent en grève ?? réplique Showkutally Soodhun. Ce dernier ajoute qu?il y a beaucoup de confusion autour du Livre blanc. Le White paper prévoit que le Premier ministre peut avoir recours à la Cour suprême s?il juge qu?une grève est contre l?intérêt du pays. ?Je vais expliquer aux syndicalistes qu?il n?y a pas lieu d?inscrire le droit de grève dans la Constitution. Ce sont eux qui décident s?ils doivent déclencher la grève ou pas?, affirme Showkutally Soodhun.

Les syndicalistes ne l?entendent pas de cette oreille. Ils précisent que les procédures pour déclencher une grève sont devenues plus compliquées. Point de vue que conteste le ministre de tutelle.

La National Trade Union Confederation (NTUC) crie, elle, au non-respect d?une décision politique. Potaya Kuppan, président de cette confédération, soutient qu?en 1983, Paul Bérenger avait présenté une motion au Parlement pour inclure le droit de grève dans la Constitution. ?Pourquoi changer le fusil d?épaule maintenant ?? déclare Potaya Kuppan

La Government Hindi Teachers Union (GHTU) est pour sa part contre la négociation collective que préconise le Livre blanc. ?Ce genre de négociation vise principalement à affaiblir le mouvement syndical dans son ensemble et renforce la position du patronat?, déclare Suttyhudeo Tengur.

La représentativité : Un point de discorde

La représentativité des syndicats est un autre point de discorde. Selon le White paper, un syndicat peut devenir une ?exclusive bargaining unit? s?il a une représentation de plus de 50 %. Ce qui fait que les autres syndicats à faible représentativité dans un même secteur risquent de s?en trouver marginalisés.

De son côté, la Government Servants Association (GSA) est contre le fait que le White paper durcit le ton à propos du time-off. Si l?IRA accorde assez facilement de facilités de time-off aux syndicalistes, par contre, le Livre blanc stipule que ce privilège doit être sujet aux exigences du travail. En d?autre terme, c?est le patron qui décide, déclare Radhakrishna Sadien, président de la GSA.

Les syndicalistes et la classe patronale ont jusqu?au 30 décembre prochain pour soumettre leurs points sur le Livre blanc, l?objectif étant de remplacer l?IRA par l?Employment and Labour Relations Act en 2005.

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