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Remaniement ministériel : l?attente

11 septembre 2008, 20:00

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«Alor Suren, tonn fini fer koud to kostim ?» demande, sur le ton de la plaisanterie, le secrétaire général du Parti travailliste, Deva Virahsawmy, au député rouge de la circonscription numéro 8. Ce dernier, un sourire figé sur les lèvres fait mine de n?avoir pas entendu. Suren Dayal, dont le nom est cité comme ministrable dans certains milieux, n?est pas le seul à essayer de cacher une certaine agitation. Ministres et députés qui se sont fait un devoir d?assister à la cérémonie de dévoilement de la statue de sir Satcam Boolell à la place d?Armes à Port Louis, à l?occasion du 88e anniversaire de la naissance du tribun, affichaient un air tendu.

Personne ? sauf quelques senior ministers qui ont tous pris le soin de quitter les lieux le plus vite possible après la cérémonie ? ne savait quand l?exercice allait avoir lieu et quelle forme cela allait prendre. Certains avancent même la date de samedi, mais le ton reste interrogatif? Arvin Boolell, tout sourire, se borne à dire : «My lips are sealed.»

La personne qui détient la clé de ce mystère ? le Premier ministre ? semblait, hier, très sensible à cette atmosphère. D?ailleurs dans son discours, il mentionnera que lui seul sait «ki problem mo pe gayne aktielma la». Cet aveu sera accueilli par des éclats de rires. Le Premier ministre fait là référence à l?exercice de remaniement ministériel sur lequel il travaille depuis quelque temps déjà.

Probablement sait-il aussi qu?il y a beaucoup d?attentes qui entourent cet exercice. C?est donc pour cela que Navin Ramgoolam a préféré calmer certaines ardeurs au cours de son discours d?hier. «Il faut qu?on s?engage en politique pour les bonnes raisons. Il y a tellement de gens qui ne réalisent pas ce que veut dire s?engager en politique. Je reçois tellement de demandes de gens qui veulent faire de la politique. Mais je dis à ces gens ou bizin dabor ena enn laflam dan ou leker, lerla ou fer politik. Certains croient qu?on fait de la politique pour devenir millionnaire ou avoir une statue à son nom.»

Et voilà qui est dit. Serait-ce une indication des critères qu?utilisera Ramgoolam pour nommer des ministres ? Et a-t-il l?intention de démettre d?autres de leurs fonctions ? En tout cas, pour faire bonne mesure, le PM prend la peine de préciser qu?il dit souvent à ses collègues que «pli ou pe al asiz lao, pli sans tombe pli boukou».

Une énigme ? Qui sait. Mais quel que soit le scénario, les députés et ministres savent très bien que le Premier ministre dispose d?une certaine marge de man?uvre. (Voir ci-dessous) A ce stade, nul ne veut se prononcer sur ses chances d?avoir tapé dans l??il du Premier ministre.

Quelques-uns à l?instar du député de la circonscription n° 13 (seule circonscription où il n?y a pas de ministres), Pradeep Peetumber, ont eu le privilège d?avoir eu les éloges du PM lors de cérémonies. Navin Ramgoolam avait dit apprécier l?humilité du député et avait dit de lui qu?il faisait partie des gens «que l?on devait récompenser».

Devanand Rittoo, colistier de Navin Ramgoolam, a aussi été félicité publiquement par le Premier ministre, qui a déclaré apprécier son humilité. Anand Rucktooa, de la circonscription n° 6, est pour sa part un des députés qui amuse le PM au Parlement avec ses «discours spirituels».

D?autres, à l?instar de Shakeel Mohamed, au n° 13, pensent qu?un fauteuil ministériel leur est dû. Mais officiellement, ce dernier ne laisse rien transparaître. Contacté alors qu?il était en mission à l?étranger, il a seulement dit: «Le Premier ministre sait ce qu?il doit faire.»

Lormus Bundhoo, député de la circonscription n° 10 et Chief Whip, est lui aussi sur les charbons ardents. Ce n?est un secret pour personne qu?il s?attend à être nommé ministre. Officiellement, il se contente de dire que «c?est la prérogative du PM». Yatin Varma, du n° 12, lui aussi dans l?attente, affirme que «c?est la loyauté et la fidélité au parti qui comptent» alors que Parmessur Ramloll, de la circonscription n° 8, rappelle que chaque élu du peuple «peut aspirer à devenir ministre».

Mais au-delà des discours politiquement corrects, certains ne dorment déjà plus. Excitation pour certains, nervosité pour d?autres?

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