Publicité
Remaniement ministériel : Dans le camp des mécontents
Par
Partager cet article
Remaniement ministériel : Dans le camp des mécontents
Toute action politique a une réaction. Et le remaniement ministériel effectué samedi ne déroge pas à la règle. Durant la journée d?hier, le quartier général du Parti travailliste au square Guy Rozemont, à Port-Louis, a vu défiler des mécontents. Du côté de certaines organisations socioculturelles, c?est également le branle-bas de combat. L?Union musulmane et la Fédération créole mauricienne comptent rencontrer la presse aujourd?hui pour protester contre l?exercice politique.
Mais en tête du cortège des irrités figurent les responsables travaillistes des circonscriptions 6 (Grand-Baie/Poudre-d?Or), 8 (Quartier-Militaire/Moka) et 13 (Rivière-des-Anguilles/Souillac). L?état-major des rouges serait à la recherche de solutions pouvant satisfaire tout le monde. Une rencontre avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, cette semaine, pourrait aussi figurer à l?agenda. Frustrés de n?avoir pas de ministres dans leur circonscription, ceux du n° 6 exigent que des mesures soient prises. «Depuis que Madun Dulloo a été révoqué, on n?a plus de ministre. De plus, notre circonscription est très négligée. A l?heure des tractations la semaine dernière, nous avions appris que Rohit Guttee était sur la liste et voilà qu?il n?y est plus», dénonce un responsable du Constituency Labour Party du n°6.
«Tout député serait content de devenir ministre, et je pense que je le mérite. Pandan 15 ans, mo pe rint mo lekor pou sa parti la. En tant que membre je me plie à la décision du PM, mais je sais qu?il écoute», déclare d?ailleurs Rohit Guttee. Il s?attend à un développement qui pourrait intervenir cette semaine. Au n°8, même si Surendra Dayal dit «ne pas être déçu», dans son milieu proche, on affirme que le député, un des élus travaillistes les plus actifs au Parlement, accuse le coup. «Je continue à faire mon travail tranquillement. Cela fait longtemps que je fais de la politique. Le chef du gouvernement a ses prérogatives et je les respecte. Je ne remets aucunement en question mon travail au sein du parti», sourit Surendra Dayal.
Idem pour Shakeel Mohamed, député du n°13. «Je n?ai jamais demandé à être ministre et jamais je ne le ferai. Je trouve néanmoins malheureux que ma circonscription, qui compte trois élus travaillistes, n?ait pas droit à un ministre.» S?il n?exerce pas de pressions, d?autres le font pour lui. Des agents travaillistes du n°13 sont descendus au quartier général des rouges hier pour exiger des réponses. Afin «d?éviter des dérapages», le Private Parliamentary Secretary (PPS), Pradeep Peetumbur, également un élu de cette circonscription, est aussi allé sur les lieux. Les agents ont rappelé au secrétaire général du parti, Deva Virahsawmy, qu?il avait promis que le n°13 allait avoir droit à un ministre lors du remaniement, au cours d?un meeting. Shakeel Mohamed compte pour sa part solliciter un rendez-vous avec le PM «pour avoir des explications» qu?il transmettra à ses agents.
Même des ministres râlent en privé, estimant qu?ils ne méritaient pas d?être rétrogradés. D?autres sont d?avis qu?ils ont été mutés alors qu?ils allaient récolter les fruits de leur dur labeur. Mais officiellement, tout le monde affiche le sourire. Lors d?une conférence de presse à Port-Louis hier, le vice-PM et ministre des Services publics et des énergies renouvelables, Rashid Beebeejaun, a démenti des rumeurs de démission. «Je suis content de l?exercice. Il y a des spéculations qui ne sont pas fondées. Je suis satisfait.» Asraf Dulull, ministre des Technologies de l?information et de la communication, Sylvio Tang, ministre des Consommateurs et de la charte citoyenne et Anil Bachoo, ministre des Infrastructures publiques, du transport et du port, abondent dans le même sens.
Dans une déclaration, samedi, à l?express, le PM a indiqué «n?avoir à aucun moment senti qu?il y a eu mécontentement». Et de préciser que «cela a été un exercice sans problèmes pour moi et les ministres ont compris les enjeux». Les «spéculations», il les met sur le compte de tentatives de «déstabiliser le gouvernement». Reza Issack, député de Port-Louis Sud/Port-Louis Centre (n°2), affirme cependant que «quatre à cinq ministres sont mécontents». «J?ai eu l?occasion de leur parler et ils m?ont fait part de leur déception.» Il ajoute toutefois que le PM «fait son travail en son âme et conscience. Il a lui-même admis qu?un remaniement est un exercice qui n?est jamais parfait.»
Publicité
Publicité
Les plus récents