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Recyclage rapide
Les derniers chiffres sur le textile-habillement publiés par le Bureau central des statistiques (BCS) font état de 13 000 pertes d’emplois dans la fabrication de vêtements durant la période couvrant juin 2003 à juin 2004. L’activité de pull-over, avec 4 300 licenciés, demeure la plus vulnérable à la concurrence étrangère.
Il est encore trop tôt pour épouser l’explication des plus optimistes selon laquelle le pire est derrière nous. Certes, des groupes hongkongais – qui sont du reste des industriels très migrateurs – ont déjà plié bagages. On ne peut exclure d’autres licenciements même si la cadence serait peut-être atténuée. Il faut donc continuer à trouver des possibilités de recyclage pour les salariés laissés sur le pavé.
L’expertise acquise dans le textile peut dans une certaine mesure aider à développer d’autres créneaux industriels. Il faut très vite envisager des activités manufacturières légères, tels le textile hors habillement, la pharmaceutique et la bijouterie, qui puissent absorber rapidement les licenciés du segment pull-overs, par exemple.
La bijouterie semble avoir la cote chez les autorités. Un comité travaillant sous l’égide du ministère de l’Industrie réfléchit sur les moyens de donner un nouvel essor à l’exportation des bijoux. Mais le temps presse. Les difficultés du textile-habillement vont se poursuivre dans le court terme et les licenciés risquent de grossir le nombre de chômeurs dans le pays.
Maurice a toutes les raisons d’être inquiète de la fin des quotas sur les vêtements exportés. Certaines de ses entreprises se sont préparées à affronter les nouvelles données alors que d’autres laisseront des plumes face aux assauts des Chinois, Indiens et autres Pakistanais sur les marchés d’exportation.
Le démantèlement complet de l’accord multifibre qui met un terme aux restrictions sur les volumes d’exportation interviendra en janvier 2005. Les ultimes discussions sur l’accord qui se tiennent vendredi prochain à Genève ont peu de chances de déboucher sur un renvoi de la date butoir.
Toutefois, les pays producteurs concernés, dont Maurice, auront une très bonne occasion de faire entendre leurs préoccupations. Les efforts de restructuration de l’industrie nécessitent des soutiens financiers et techniques surtout dans les petits États en développement. Les pays touchés par l’abolition des quotas devront aussi exiger une certaine retenue de la Chine qui n’hésite pas à utiliser l’arme monétaire pour accentuer sa dominance sur le marché international.
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