Publicité

Recrues : entre passion et raison

20 novembre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?était une véritable ambiance de fancy-fair sur le terrain de football du Gymkhana mercredi. Ce matin-là, parents, proches, amoureux et amis s?étaient déplacés pour souhaiter bonne chance aux nouvelles recrues de la police. Tirés à quatre épingles, garçons et filles n?ont de cesse de défiler fièrement sur le gazon dans leurs complets- vestons et leurs tailleurs neufs. La mine crispée, ils sont ici depuis huit heures, et viennent de se faire inscrire pour deux ans de formation dans les différentes unités de la police.

Sous un soleil de plomb, plusieurs groupes se forment, et les recrues font connaissance, histoire d?évacuer le stress du premier jour, en attendant le discours de bienvenue du commissaire de police.

Rachel Casimir, 22 ans, assise sur sa malle, égrène les souvenirs des quatre ans passés à attendre ce grand jour. Depuis qu?elle a soufflé ses dix-huit bougies, elle caresse le rêve de faire carrière dans la police.

Lorsque sa première demande pour rejoindre les rangs a été rejetée, elle a collectionné de petits boulots, dans l?attente de ce fameux 16 novembre. Que de chemin parcouru depuis ces matins où, de sa fenêtre dans son petit village à Rodrigues, elle regardait avec envie son voisin, un policier, partir au travail.

« Il était très élégant dans son uniforme et avec ses chaussures brillantes. Aster mo reve inn realize », soupire-t-elle, consciente qu?elle sera encasernée pendant deux ans, en attendant de devenir officier de police à part entière.

Mais devenir flic, c?est comme contracter un mariage. Si ce n?est pas l?amour fou, c?est la raison qui prime. Nittish Ramlugum, contrairement à Rachel, est entré dans la police car c?est une façon comme une autre d?être sur la fiche de paie de l?Etat.

« Monn fek fini lekol. Marser lemplwa sere e pa fasil pu rant dan guvernma, aster mo assurer ene emplwa stable », explique ce jeune de 18 ans qui sera appelé à rejoindre la Special Mobile Force (SMF). Comme Rachel et Nittish, ils sont 742 630 garçons et 112 filles, à avoir décidé de rejoindre la force régulière, la National Coast Guard (NCG), la Special Supporting Unit (SSU) et la SMF.

Exceptionnellement, ils étaient trente à ne pas être présents lors de la cérémonie de bienvenue de mercredi. Ces derniers étaient en effet encore en train de terminer leurs dernières épreuves écrites. En s?adressant aux recrues, le commissaire Ramanooj Gopalsingh a énuméré les défis auxquels ils auront à faire face, et l?importance de préserver la dignité de la police.

Publicité