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Reconversion réussie

27 novembre 2007, 00:00

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Dégradé, dites-vous ? Non, effilé plutôt ? Laissez faire le maître. Anand Nahanoo, messenger sur la propriété sucrière de Riche-en-Eau ne sait pas encore de quelle nature sera son travail sur la propriété sucrière où il sera transféré sous peu. Ce qu?il sait par contre, c?est que, dans un maximum de deux ans, il exercera à plein temps comme? coiffeur.

L?usine de Riche-en-Eau où il a travaillé pendant 20 ans va fermer, les employés seront transférés à celle de Savannah pour une période de deux ans au maximum. Après quoi ils devront prendre une retraite anticipée tout en ayant droit au blueprint.

A 48 ans, Anand vient de recevoir son certificat en coiffure de Amit?s Cut n? Brush & School of Hairdressing. A l?issue d?un programme de formation qu?avait lancé la Société usinière du Sud (SUDS), avec la collaboration de l?Industrial & Vocational Training Board (IVTB).

Une centaine d?employés des sucreries de Riche-en-Eau, Mon-Trésor et Union-St-Aubin y ont adhéré. Certains ont choisi l?hôtellerie. D?autres l?informatique. D?autres encore le jardinage ou la plomberie? Anand, a choisi la coiffure. Un choix vite fait. Parce que «j?ai toujours aimé coiffer les gens.» Même s?il n?avait jamais songé à en faire sonmétier. Seulement un passe-temps. Ainsi, à raison de deux jours par semaine pendant cinq mois, il quittait son village de St-Hubert pour se rendre à Rose-Hill pour suivre ses cours.

A la maison, c?est lui qui depuis toujours coupe les cheveux de Goonabye, son épouse, ainsi que ceux de ses trois enfants. Rasoir, brosse, peigne, tondeuse, ciseaux se trouvent depuis longtemps dans sa trousse. S?est ajouté à cette liste le séchoir, depuis peu. Parce que « mo konn fer brushing tou aster.» Pour le mariage de sa nièce, c?est à Anand que la demoiselle a confié ses cheveux !

«Dan metie, bizin pa soizir laz sa. Ou bizin guett ou vant. Mem 50 ans, 55 ans, pa dir ou pa pou manze ! J?ai toujours aimé coiffer les gens. Dans quatre ans, j?aurais aimé avoir mon propre salon dans la cour de ma maison.»

Pas la peine d?aller aussi loin. «Monn fek tay seve enn coleg la. Demin, mo pe gagn enn lot clian.» En désignant son chef, Satchuda Nallagoinden. Étant en période de coupe des cannes, Anand n?a que sa pause déjeuner pour se consacrer à des collègues intéressés. Pendant cette période, il doit travailler sept jours sur sept. Mais, en entrecoupe, il compte faire bon usage de tondeuses et de séchoirs pendant les week-ends. Dans le salon de coiffure de son neveu à Mare-d?Albert. Jusqu'à ce qu?il ait son propre salon de coiffure plus tard. «Dans quatre ans, j?aurai aimé avoir mon propre salon dans la cour de ma maison.»

Difficile de démarrer une nouvelle carrière alors qu?on approche de la cinquantaine ? Alors qu?on a passé plus de trente années dans une seule industrie. «Dan metie, bizin pa soizir laz sa. Ou bizin guett ou vant. Mem 50 ans, 55 ans, pa dir ou pa pou manze !»

Il a débuté très tôt, Anand. Dès la fin de ses études primaires. En tant que laboureur sur la propriété de Rose-Belle Pendant douze ans. En 1987, il fait son entrée sur la propriété sucrière de Riche-en-Eau comme messenger. Vingt ans après, il y est toujours. Mais plus pour longtemps. Cela ne le gêne aucunement. Il préfère prendre les choses du bon coté. Y voir une opportunité plutôt qu?une menace. Ils invitent ceux qui comme lui doivent repartir sur de nouvelles bases à ne pas se décourager. Parce qu?il n?est «jamais trop tard dans la vie. J?adorais mon travail à Riche-en- Eau, mais on ferme. Il faut s?adapter à chaque situation.»

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