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Ravalomanana à la recherche d?une nouvelle majorité
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Ravalomanana à la recherche d?une nouvelle majorité
Le chef de l?Etat a expliqué la dissolution de l?Assemblée nationale et la tenue des législatives anticipées par rapport à la Constitution révisée. Il a évoqué la ?continuité des institutions? et l?adaptation des institutions à la Loi fondamentale révisée. Il a également soulevé la recherche d?une nouvelle ?représentativité territoriale?, selon ses termes.
En usant des prérogatives qui lui sont conférées par la Constitution, le Président de la République a choisi d?anticiper les élections législatives. Il espère ainsi trouver une nouvelle majorité à l?Assemblée nationale afin de disposer de parlementaires capables de l?appuyer dans la conquête des autres postes électifs.
Plusieurs élections devraient avoir lieu dans les prochains mois à venir, à savoir les sénatoriales, les régionales et les communales afin de prouver la stabilité du régime. Pour sa part, l?opposition trouve un moyen légal de prendre sa revanche sur le pouvoir, après deux échecs, lors des présidentielles anticipées et au référendum constitutionnel. En l?absence d?un statut légal, l?opposition aura à c?ur de bien figurer lors du scrutin afin d?entrer dans une institution étatique pour pouvoir mieux contrer le régime. ?L?objectif est maintenant d?arriver à empêcher le parti présidentiel d?obtenir la majorité?, a soutenu l?ancien député Julien Reboza, secrétaire général du parti socialiste et démocratique pour l?union à Madagascar (PSDUM).
Certes, le président Ravalomanana avait obtenu deux victoires ? élections présidentielles et référendum constitutionnel ? en l?espace de six mois, mais l?ancien député Auguste Ramaromisy prévient contre les euphories. ?Ces élections avaient des envergures nationales. Mais la physionomie du scrutin change dans la mesure où la bataille va se dérouler au niveau local?, a soutenu l?ancien parlementaire élu à Vohémar.
Contrairement aux législatives anticipées du 2002, le président Ravalomanana doit adapter sa stratégie à un nouveau contexte. A l?époque, le chef de l?Etat avait bénéficié de l?élan populaire de la crise post-électorale de 2001 et l?absence d?adversaire sur le terrain ? l?avant-garde pour la rénovation malgache (Arema) avait boycotté le scrutin ? pour obtenir une majorité confortable à l?Assemblée nationale.
Cette fois-ci, le président Ravalomanana devra également composer avec le parti Tiako i Madagasikara (Tim) affaibli par des luttes intestines. Le chef de l?Etat avait déjà plus ou moins écarté le parti lors des présidentielles du 3 décembre 2006 et le référendum constitutionnel du 4 avril, mais cette fois-ci, certains éléments du Tim risquent de ne plus le soutenir.
En contrepartie, le chef de l?Etat devrait arriver à consolider ses assises, loin de sa base, à Antananarivo en s?appuyant sur les membres du gouvernement. Ces derniers, lors de la campagne référendaire, avaient pesé de tout leur poids pour faire triompher le ?Oui?.
<B>Effet de surprise</B>
En provoquant les législatives anticipées, le chef de l?Etat joue sur l?effet de surprise pour prendre de court ses adversaires. Entre la date de l?annonce de la décision et celle de la tenue des nouvelles élections, les candidats ne disposent ?que? de deux mois pour se préparer. ?En procédant à la dissolution de l?Assemblée nationale, le président Ravalomanana coupe également le peu de moyens des parlementaires qui souhaitent encore rempiler?, a remarqué le député Auguste Ramaromisy, ancien parlementaire élu issu du Tiako i Madagasikara (Tim).
Malgré cela, l?opposition n?a pas pu cacher sa satisfaction de la tenue des législatives anticipées. Après une expérience balbutiante lors du référendum, la plate-forme du ?Non? espère rectifier le tir afin d?optimiser ses chances de victoire. Pour ce faire et en dépit d?un manque de moyens financiers et matériels, l?opposition espère titiller le pouvoir. Elle s?active pour conclure une alliance visant à présenter des candidats uniques dans chaque circonscription. ?Maintenant, il faut taire les divergences de points de vue pour aller chercher la victoire?, a espéré Julien Reboza.
La position des Eglises va également peser sur les résultats du scrutin. Contrairement à ce qui s?est passé en 2002, les quatre églises au sein du Conseil ?cuménique des Eglises chrétiennes (FFKM) ne soutiennent plus d?une manière claire le pouvoir. Les récentes déclarations de l?Eglise catholique pour ?tirer la sonnette d?alarme?, selon Mgr Odon Razanakolona, archevêque d?Antananarivo, risquent, par exemple, d?influencer le vote des fidèles.
<B>Alain ILONIAINA</B> © L?Express de Madagascar
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