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Raul Castro : une vie dans l?ombre de Fidel
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Raul Castro : une vie dans l?ombre de Fidel
Jusqu?à ces derniers mois, Raul Castro a vécu dans l?ombre de son grand frère Fidel. Né le 3 juin 1931 dans la bourgade orientale de Biran, berceau de la famille Castro Ruz, le jeune Raul a suivi les traces de son aîné. Chez les jésuites d?abord, puis dans la lutte révolutionnaire qui l?empêche de terminer l?université.
Le 26 juillet 1953, il fait partie du groupe, commandé par Fidel, qui atta-que la caserne Moncada, à Santiago de Cuba. L?assaut est un échec et Raul sera emprisonné avec son frère avant de le suivre, une fois amnistiés, en mai 1955, au Mexique où ils rencontrent Ernesto « Che » Guevara. En novembre 1956, Raul s?embarque avec Fidel, le Che et 79 autres guérilleros à bord du yacht Granma en direction de Cuba.
Repéré par les troupes de Batista, le corps expéditionnaire est décimé. Raul, Fidel et le Che figurent parmi les seize survivants à l?origine de l?armée rebelle qui s?installe dans les montagnes de la Sierra Maestra et finira par conquérir le pouvoir en janvier 1959. C?est dans la Sierra Maestra que Raul Castro rencontre la guérillera Vilma Espin, son épouse.
Le bras droit de son frère
Nommé « commandant » en 1958, Raul a dirigé la prise de la province orientale. Dès les premiers mois de la révolution, il apparaît comme le bras droit de son frère, avec Che Guevara. Plus tôt que Fidel, il est acquis aux idées communistes, c?est lui, dit-on, qui le pousse à les embrasser. Dès 1965, il devient deuxième secrétaire du comité central du Parti communiste cubain et premier vice-président du Conseil d?État. C?est cette fonction qui le place en première ligne à l?heure de la succession. L?article 94 de la Constitution cubaine prévoit en effet qu?en cas « d?absence, de maladie ou de mort du président du Conseil d?Etat, le premier vice-président le remplace dans ses fonctions ».
Qui est-il vraiment ? L?opposition cubaine à Miami qui en a fait sa bête noire l?accuse de trafic d?armes ou de cocaïne. D?autres, y compris dans l?administration américaine, voient plutôt en Raul Castro l?homme discret et pragmatique qui, depuis 1959, dirige le ministère de la Défense. De fait, les contacts entre généraux cubains et américains n?ont jamais cessé, au point que certains observateurs à Washington le considèrent comme plus ouvert que d?autres dirigeants cubains sur la délicate question des relations bilatérales.
Alors que les effectifs militaires diminuaient après la disparition des subventions soviétiques, Raul Castro a multiplié les incursions de l?armée dans les secteurs les plus dynamiques de l?économie cubaine, tourisme et transports.
Dépourvu du charisme et de l?éloquence de son grand frère, Raul s?est pourtant attaché la fidélité des militaires qui joueront un rôle important dans la transition.
De plus en plus visible ces derniers mois dans la presse cubaine, Raul Castro a pris soin de rappeler dans un récent discours que « seul le Parti communiste, en tant qu?institution qui rassemble l?avant-garde révolutionnaire et garantira toujours l?unité des Cubains, peut être l?héritier de la confiance déposée par le peuple dans leur leader ».
@ 2 006 Le Monde ? Jean-Michel Caroit (Distribué par The New York Times Syndicate)
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