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Ratatouille

16 novembre 2007, 00:00

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Même s?il n?est question de ratatouille qu?une seule fois dans le film, la recette proposée ne manquera pas d?étonner plus d?un cuisinier amateur et la séquence ne manquera pas, elle, de ravir tous les amateurs de beau cinéma. Moment clé du film, techniquement réussie et modèle d?écriture, celle-ci illustre en quelques scènes brèves la richesse des émotions contenues dans les saveurs, les odeurs et les textures d?un plat même modeste. Ratatouille, film d?animation signé Brad Bird (Les Indestructibles, c?était lui) est le dernier-né des studios Pixar dans leur association avec la Walt Disney Pictures. Dans le titre, on trouvera le mot ?rat?. Petit jeu de mot pour indiquer que le héros de ce film américain n?est autre qu?un petit rongeur : un jeune rat français répondant au nom de Rémy, passionné de gastronomie, qui se verra propulsé dans les plus hautes sphères de la gastronomie parisienne.

Le Paris que l?on voit dans ce film est une synthèse en images numériques de ce que montrent généralement les films américains ; le fantôme du chef Gusteau ? conscience du héros ? ressemble vaguement à Pierre Tchernia (M. Cinéma) et le chef Skinner, méchant de l?histoire, ressemble vaguement à l?acteur français Ticky Holgado. Cependant, en dépit des références bien françaises, le propos de Ratatouille reste très américain : la réussite à l?américaine, même pour le plus humble parmi les humbles. Brad Bird n?essaie pas d?atténuer le fait que son héros est un rat. Il a un nez tout rose, le poil propre et il marche sur ses pattes arrière pour ne pas contaminer sa nourriture, mais il ressemble bien à un rat. Mieux encore (ou pire, le film jouant habilement sur ce tiraillement) : les muscles de son corps ont tous les mouvements naturels d?un rat. Et, lorsqu?on voit tout le clan, quelques bonnes centaines de rats, on a, par moments, l?impression de regarder un film d?horreur.

Mais ces hauts le c?ur ne durent que quelques instants très brefs. A travers une improbable association, puis d?une amitié entre le héros poilu et un jeune commis de cuisine, le film véhicule un message de tolérance assez naïf certes, mais auquel on finit par adhérer. Le monde des humains nous est expliqué du point de vue des rats qui, eux, ont le sens de l?entraide et de la solidarité, en plus d?être remarquablement bien organisés; ce qui finit par générer de la sympathie pour les rongeurs. Ces braves petites bêtes accomplissent de véritables prouesses ? l?évacuation en masse d?un pavillon de banlieue dans des vaisseaux de sauvetage suivant un plan préétabli et la préparation d?un repas gastronomique, entre autres ? même si celles-ci sont, en fait, celles de l?animation. Sur ce point, si le tout premier Shrek sert toujours de modèle de comparaison, Ratatouille met la barre encore plus haut. Pour les mouvements animaliers mais aussi pour les représentations des aliments, qui parfois sont accompagnées d?illustrations toutes simples mais géniales de la notion de saveurs. Les scènes d?action avec poursuites regorgent de trouvailles et sont l?occasion de gags dignes de Buster Keaton ou de Harold Lloyd.

Ce film d?un peu moins de deux heures ne s?essouffle à aucun moment. On pourra, au plus, lui reprocher deux brèves ruptures de ton au cours desquelles le sérieux fait irruption. La deuxième étant provoquée par le discours d?un critique gastronomique (sorti d?un film allemand d?avant-guerre) parlant de son ?art?. Discours qui n?a pour seul défaut que celui d?être magnifique. Si le propos sur la tolérance paraît artificiel, un autre sur l?identité semble accidentel mais plus authentique : celle-ci ne tient pas de la naissance, mais des choix que l?on fait.

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