Publicité

Rapport accablant sur le niveau de l?anglais dans le secondaire

13 septembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une étude commandée par le ministère de l?Education auprès du British Council quant au niveau de l?anglais à Maurice révèle une situation accablante : les étudiants du cycle secondaire ont des difficultés à comprendre cette langue, à l?apprendre et à l?utiliser. Après ces études, ils ne maitrisent toujours pas la langue. Situation que le ministère juge ?inquiétante?.

Un premier constat est que le niveau de connaissance de la langue anglaise d?un élève de 11 ans sera pratiquement le même quand il en aura 14. La différence entre ces deux âges ne sera certainement pas proportionnelle à son niveau de développement personnel.

L?étude entreprise par le British Council a démarré en janvier 2006. Une équipe est allée à la rencontre d?élèves âgés de 11 à 15 ans, dans différents établissements. De ces élèves, 450 étaient de la filière pré-professionnelle (prevocational), 504 de collèges secondaires privés, 429 de collèges d?Etat ?normaux? et 854 des high performing schools, aussi appelées star schools. Ce choix a été demandé par le ministère de l?Education qui estimait que les résultats de l?étude n?auraient pas reflété la réalité si l?élite des élèves n?était pas consultée.

Si l?on s?en tient aux conclusions de la recherche, les élèves mauriciens peinent à comprendre et à utiliser l?anglais, langue que pourtant les Mauriciens, d?une manière générale, se vantent de maîtriser. Les rédacteurs du rapport ont qualifié le niveau de ?médiocre?, même dans les star schools, tandis qu?il est ?exceedingly poor? dans les écoles préprofessionnelles. Au moins 50 % de l?échantillonage choisi serait de niveau insuffisant.

Langue étrangère

Ce rapport situe le problème dans la méthode d?enseignement de l?anglais. Les rédacteurs notent que cette langue est enseignée aux Mauriciens comme une langue maternelle (?native language?) alors qu?elle est de toute évidence une langue étrangère. Le British Council situe le mal précisément dans ce contexte : si l?élève est ?intelligent?, il parviendra à comprendre ce qui lui est enseigné à l?école. Encore que, comme le démontre le volet de l?étude concernant les 854 élèves des higher performing schools, la transmission du savoir se fait avec difficulté.

La manière même de l?enseignement est aussi mise en cause. Les enseignants en langues ont souvent tendance à demander à l?élève de lire quelques paragraphes à voix haute. Les auteurs du rapport considèrent que cette façon de faire n?apporte rien à l?élève. Celui-ci est ainsi souvent appeler à lire ce qu?il voit, sans comprendre le sens des mots. Cette manière de faire n?aide nullement l?habileté de communiquer (communicating skills) de l?élève, ni sa pensée créative (creative thinking).

Autre élément relevé dans le rapport, le manque d?importance accordée à la prononciation et à l?intonation. Il est probable, est-il noté, que bien des enseignants eux-mêmes ne maîtrisent pas cet aspect des choses. Par contre, l?accent est mis sur la structure de la langue, alors même que les élèves n?y comprennent pas grand-chose.

Les auteurs de l?étude ont assisté à des cours et ont constaté que si l?anglais est enseigné en classe, même de manière inadéquate, il n?est pas utilisé en dehors de la salle de classe. De plus, pendant les cours d?anglais, certains enseignants ont tendance à converser avec leurs élèves en créole.

Le rapport note aussi que les filles démontrent une habileté légèrement plus élevée (slightly higher skills) que les garçons pour écrire l?anglais, même si, d?une manière génerale, rien ne démontre qu?elles font mieux que les garçons. Autre élément intéressant, le peu de différence du niveau de l?anglais entre régions rurales et régions urbaines?

?Summer schools?

British Council a eu recours aux mêmes méthodes qu?utilise cette organisation à travers le monde. Une de ces méthodes consiste à montrer des photos aux élèves en leur demandant de décrire, en anglais, ce qu?ils voient. S?il s?agit d?un chien, l?un dira ?dog?, alors qu?un autre répondra ?this is a dog.? Celui qui est le plus à l?aise dans la langue fera une phrase avec le sujet.

Des épreuves de discours (speaking tests) ont été effectuées. Des exercices de vérification de la compréhension de la langue anglaise, de même que le niveau d?écriture des élèves ont aussi été entrepris.

Ce rapport a été remis au ministère de l?Education en juin et le ministre Gokhool l?aurait jugé ?inquiétant.? Son attaché de presse affirme qu?il y a ?une équipe qui travaille sur le rapport? et que les conclusions ?vont être prises en considération dans la réforme du programme scolaire.? Indépendamment du ministère, le British Council compte mettre en place des ?écoles d?été? (summer schools) pour les enseignants.

Publicité