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Ramgoolam : ?Que la religion ne soit pas source de division?
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Ramgoolam : ?Que la religion ne soit pas source de division?
L?heure était à la célébration au collège Aleemiah hier pour l?Eid-E-Miladun Nabi, l?anniversaire de la naissance du prophète Mohammed. Mais en filigrane planait l?ombre du jugement de Paul Lam Shang Leen, portant sur l?utilisation de haut-parleurs par la mosquée à Quatre-Bornes. Plusieurs personnalités présentes y ont fait référence, dont le Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Si le ministre des Services publics, Abu Twalib Kasenally, a abordé le sujet sans équivoque, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a, lui, été plus subtil. L?invité d?honneur, le maulanah Noorani Siddiqui, a quant à lui, rappelé que l?islam a toujours invité au dialogue, au compromis et cela, dans la paix, dans l?unité, dans la discipline et le respect de l?ordre et de la paix.
Devant plusieurs milliers de fidèles, le Premier ministre dit souhaiter que la religion ne soit pas une ?une source de division, ne soit pas une source d?identification séparée?. C?est pour cela qu?il exhorte l?assistance à ?servi nu lesprit. Pa les lezot servi zot lesprit?.
D?où le fait qu?il leur demande de s?inspirer du prophète Mohammed, dont le message est universel et qui transcende les races, le temps et les nationalités, entre autres. Il explique que l?islam, comme l?hindouisme, le christianisme et le bouddhisme prêchent, entre autres choses, de ?tret ou voisin couma ou ti pou conten tret ou mem?. Le prophète, ajoute-t-il, a ?révolutionné la société, aidé les gens à comprendre certaines choses que sous l?émotion, ils n?auraient pas comprises.? Pour Navin Ramgoolam, le prophète était un homme de ?bon sens, de la mesure, qui a su écouter et qui a pratiqué la tolérance?.
Le chef du gouvernement soutient aussi que ?dans contexte, qui pe arive dan Moris, nu bisin gard nu la tet lor zepaul. Pa lais enflam enn situation ki deza inpe frazil. Dan enn pei multiracial, tout est fragile. Li tres tres fasil, détruir stabilite enn pays. Et li tre difisil pou construir sa mem lavi la?. L?exemple de Bosnie en Yougoslavie lui vient alors à l?esprit. Ce peuple qui a vécu en paix depuis des générations s?est déchiré à cause de la religion, rappelle-t-il.
Navin Ramgoolam ajoute que ?nous sommes un petit pays. Nous ne pourrons couper le pays en 15 morceaux où chaque groupe vivra de son côté. Ce n?est pas dans notre avantage. Nous avons une force de pouvoir vivre ensemble?. A ce sujet, l?archevêque anglican, Desmond Tutu, fait-il ressortir, a été émerveillé par la co-existence des différentes religions dans l?île.
<B>?Une manifestation inadmissible?
D?autant qu?il dit croire fermement ?qu?une culture peut s?épanouir si elle fait preuve de dynamisme mais pas quand elle se replie sur elle-même. C?est dans l?ouverture et le renouvellement que nous pourrons réussir et en tant que Premier ministre, j?aiderai au développement de cette ouverture dans le respect et la compréhension?.
Le chef du gouvernement avait dans un entretien à l?express-dimanche, soutenu que Maurice est ?un Etat de droit. cela présuppose que le respect des lois y est considéré comme un principe fondamental auquel tout citoyen doit indistinctement souscrire.? D?où le fait qu?il exige le respect autant à l?égard des lois qu?à l?égard du système judiciaire.
De plus, Navin Ramgoolam, est catégorique : le recours à des amendements à l?Assemblée nationale dans le seul but de frapper un jugement de nullité n?est pas une solution. Comme il sera ferme concernant les manifestations qui ont eu lieu suivant ce jugement : ?La manifestation qui a eu lieu devant la maison de Gavin Glover est totalement inacceptable. Elle constitue ostensiblement un désaveu inadmissible du principe des lois et du judiciaire.?
Le président de la République, sir Anerood Jugnauth, est d?avis que nous devons être reconnaissants à nos ancêtres qui nous ont transmis des valeurs de paix, de respect et de partage. Ce qui a abouti à une société stable permettant le développement économique et social faisant de Maurice une référence en Afrique, fait-il ressortir. C?est notre devoir, rappelle le chef de l?Etat, sir Anerood Jugnauth, de consolider les liens entre les différentes communautés.
En revanche, le ministre Kasenally a lui tranché dans le vif du sujet, en faisant spécifiquement référence à la polémique sur l?utilisation des haut-parleurs par une mosquée pour l?appel à la prière. ?Nous vivons dans une société multiraciale et si nous avons des droits, nous avons également des responsabilités et des obligations. Si nous nous battons pour nos droits, nous devons nous rappeler que les autres ont aussi des droits qui demandent à être respectés. Maurice est un Etat de droit et il y a des institutions qui sont des piliers de notre société et qui méritent le respect. Ces institutions sont d?une importance capitale pour le maintien de l?équilibre et la discipline dans le pays .?
Le ministre Kasenally cite le chapitre 4 verset 59 du livre sacré, le Coran, pour soutenir son argumentation : ?O ye who believe, obey Allah, and the Prophet, and those in charge with authority among you?? C?est pour cela qu?il espère une attitude réservée et modérée de la part de ceux concernés par ce jugement. Il leur demande de suivre les enseignements du Coran et du prophète. Le ministre Kasenally pose, lui, une question à l?assistance : ?Le prophète aurait-il réagi comme certains coreligionnaires ou aurait-il été tolérant et fait preuve de compassion ? Celui qui suit les préceptes du prophète ne doit rien faire pour déformer les enseignements de l?islam et, de ce fait, offrir des opportunités aux autres pour nous taxer d?intolérants.?
C?est dans le même esprit que le maulanah Siddiqui conclut la cérémonie : ?You are the best people but you have to prove it.?
Parmi les autres personnalités présentes sur l?estrade pour la cérémonie : l?évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat et le vice-président de la République, Raouf Bundhun.
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