Publicité
Ramgoolam met en péril la reprise économique, dit le MMM
Par
Partager cet article
Ramgoolam met en péril la reprise économique, dit le MMM
Le Premier ministre serait en train de faire de la politique sur le dos de l?économie. C?est du moins l?avis de Vishnu Lutchmeenaraidoo, porte-parole du Mouvement militant mauricien (MMM) sur l?économie et les finances. Les mauves commentaient hier lors d?un point de presse à Port-Louis les récentes déclarations de Navin Ramgoolam sur le dossier sucre.
Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, a dénoncé ce qu?il qualifie de ?manque de cohérence? du chef du gouvernement sur la réforme sucre. Les conséquences sur l?économie et la crédibilité du pays, dit-il, seront néfastes.
?Navin Ramgoolam voit qu?il y a une grande colère contre son gouvernement. Pour sa survie politique et pour reconquérir un électorat de petits planteurs et de laboureurs qui lui échappe, il trouve dans le secteur sucre un terrain de chasse idéal?, observe de son côté Vishnu Lutchmeenaraidoo.
Le Premier ministre a signifié à plusieurs reprises son intention de modifier le plan stratégique du sucre, la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS). Cela, affirment les mauves, envoie un mauvais signal aux investisseurs et à l?Union européenne (UE) qui est le principal bailleur de fonds de la restructuration sucrière.
<B>?Fissures dans le budget?</B>
Le MMM se dit inquiet que ces changements puissent compromettre le décaissement des fonds pour les mesures d?accompagnement. Vishnu Lutchmeenaraidoo évoque même ?de nouvelles fissures dans le budget? si les dons promis par Bruxelles n?arrivent pas.
Paul Bérenger indique que le ton adopté par la Commission européenne et la Banque européenne d?investissement ces derniers temps face au gouvernement traduit une certaine exaspération concernant la manière dont le dossier sucre est géré.
Le leader de l?opposition s?est exprimé longuement sur la production de l?énergie par les sucriers. Il a critiqué le Premier ministre pour son?incompréhension? de ce dossier. Paul Bérenger fait le point sur la centrale thermique de St.-Aubin, projet qui a subi les critiques du Premier ministre car il n?utilise que du charbon pour produire du courant. Les conditions de business de St.-Aubin étaient finalisées en 2003. ?Avant ce projet, il y avait des négociations de gré à gré entre le gouvernement et les sucriers comme dans le cas de la centrale thermique de Belle-Vue. Pour la première fois, avec St.-Aubin, il y a eu un exercice d?appel d?offres?, rappelle Paul Bérenger.
Trois groupes avaient fait des offres, en l?occurrence St.-Aubin, Médine Sugar Estates et Suzor, une société indienne. Médine qui était le seul à proposer une offre bagasse-charbon, devrait se retirer de la course. ?Evidemment,nous aurions souhaité une centrale mixte bagasse?charbon, mais nous n?avions plus le choix?, affirme le leader de l?opposition.
<B>Commentaires ?communal?</B>
Néanmoins, souligne celui-ci, les conditions étaient ?bien moins favorables que celles offertes à la centrale de Belle-Vue?.
Ces conditions étaient approuvées sous le régime travailliste en 1998, rappelle Paul Bérenger.
Ce dernier a aussi commenté la remarque du Premier ministre à l?effet que la compagnie Alcodis, qui fabrique de l?éthanol, ne figure pas dans le cluster raffinerie selon le plan MAAS. ?Alcodis ne produit pas de l?éthanol déshydraté. Or, l?industrie sucrière projette, elle, d?investir dans l?éthanol déshydraté. Celui-ci est un produit de bien meilleure qualité et nécessite des investissements très élevés. C?est la raison pour laquelle Alcodis ne figure pas dans la MAAS?, indique le chef de file des mauves.
Paul Bérenger dit voir des motifs à relent communal dans les attaques répétées du Premier ministre contre le secteur sucre.
Il affirme trouver une incohérence dans l?argumentaire de Navin Ramgoolam qui d?un côté discrédite l?industrie sucrière et de l?autre veut que les petits planteurs et les laboureurs augmentent leur participation à l?actionnariat des sociétés sucrières.
Publicité
Publicité
Les plus récents