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Rama Sithanen réclame un allègement du fardeau fiscal
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Rama Sithanen réclame un allègement du fardeau fiscal
Le porte-parole du Parti travailliste sur les questions économiques, Rama Sithanen, demande au ministre des Finances, Pravind Jugnauth, d?honorer les engagements pris par son prédécesseur, Paul Bérenger, en réduisant la pression fiscale sur les contribuables. C?est ce qui ressort d?un point de presse qu?il a donné hier au Square Guy Rozemont à 48 heures de la présentation du budget 2004-2005.
Se rapportant au discours du budget présenté le 14 juin 2002 par Paul Bérenger, Rama Sithanen a rappelé que l?ancien ministre des Finances avait pris l?engagement de ne pas augmenter encore la taxe sur la valeur ajoutée avant la fin du mandat du gouvernement. Mieux, Paul Bérenger avait laissé entendre, qu?à l?horizon de l?exercice 2004-2005 le gouvernement ?serait en mesure de diminuer la pression fiscale?, a tenu à rappeler Rama Sithanen.
?J?espère que Pravind Jugnauth sait ce que veut dire réduire la pression fiscale. Il se doit d?honorer l?engagement formel pris par Paul Bérenger le 14 juin 2002?, poursuit le porte-parole des Rouges.
Selon Rama Sithanen, Pravind Jugnauth dispose d?une marge de man?uvre pour alléger le fardeau des consommateurs. La hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) avait été justifiée pour financer la cybercité et la construction d?écoles. Aujourd?hui, ces travaux sont terminés mais la TVA continue à alimenter les caisses de l?Etat à hauteur de Rs 4 milliards, avance Rama Sithanen.
Avec la baisse des taux d?intérêt en roupies, dollars et euros, le service de la dette devrait peser moins lourd, soutient l?ancien ministre des Finances. De plus, le gouvernement a créé les Bank of Mauritius Bills ce qui est une façon déguisée de faire baisser le poids de la dette de l?Etat car ce nouvel instrument figure sur le compte de la Banque centrale et non sur celui de la trésorerie de l?Etat, argue Rama Sithanen.
Dans le même souffle le porte-parole travailliste soutient que l?Etat engrange des recettes supplémentaires sur les produits pétroliers avec la hausse du cours mondial du brut et la remontée du dollar. La taxe sur les produits pétroliers est calculée ad valorem à l?arrivée. Rama Sithanen estime que ces recettes supplémentaires inattendues devraient servir à mitiger l?impact de la hausse du prix des produits pétroliers. Le gouvernement serait en mesure d?absorber une partie de la hausse au lieu de la repasser entièrement aux consommateurs, soutient-il. Sinon, il faut s?attendre à une nouvelle hausse de 15% de l?essence et du diesel en juillet, prévoit Rama Sithanen.
<B>Recréer la confiance</B>
L?économiste des travaillistes met aussi en garde contre la tentation de falsifier les chiffres, surtout en ce qui concerne la dette publique. Pour lui, il est clair que la dette a augmenté, passant de 50% du produit intérieur brut (PIB) en 2000 à 65 % du PIB actuellement. La création d?un surplus fund de même que la création des nouvelles obligations du Bank of Mauritius Bills ne sont que des colourable devices pour tenter d?atténuer le problème de la dette, poursuit Rama Sithanen.
A l?instar du problème de la dette, il estime que le gouvernement a raté ses principaux objectifs macro-économiques. Le déficit budgétaire reste élevé à 5,7 % et ne finira pas sous la barre des 5 % lors du prochain exercice alors que l?objectif annoncé est de le ramener à 3%.
Le chômage reste ?l?ennemi public numéro un? malgré les 34000 emplois créés selon le gouvernement et malgré les tentatives de changer de méthode de calcul, ajoute Rama Sithanen. L?investissement est au plus bas malgré les intentions répétées budget après budget de le relancer, trouve-t-il.
Selon lui, la priorité du budget devrait être de recréer la confiance tant au niveau du secteur privé qu?à celui des institutions internationales. Pour Rama Sithanen, le gouvernement a failli en mettant tout sur le compte de la conjoncture internationale. ?On ne peut pas à chaque fois trouver un prétexte. Après le 11 septembre, la guerre d?Irak, le SARS ou la grippe du poulet, qu?est-ce qu?ils vont trouver cette fois ? La hausse du fret peut-être ?? s?exclame l?économiste.
S?il reconnaît qu?il y a des circonstances internationales au-delà de notre contrôle, le porte-parole travailliste soutient que bien des choses, qui auraient pu et qui auraient dû être faites, ne dépendent ni de Bruxelles ni de Washington.
La libéralisation de l?accès aérien pour débloquer une nouvelle phase de développement hôtelier, créateur d?emplois, ne dépend pas de l?Organisation mondiale du commerce. De même, Rama Sithanen reproche au gouvernement d?avoir failli sur le dossier de l?AGOA.
Selon lui, Maurice a péché par arrogance en optant pour l?intégration verticale de l?industrie textile au lieu de plaider pour une dérogation sur l?importation des matières premières. Tout en ne se disant pas contre le concept de l?intégration, Rama Sithanen constate que des filatures il n?y en a pas eu et que des pays comme le Botswana ont eux tiré avantage de la dérogation sur le third country fabric.
Selon lui, l?heure est venue pour une nouvelle équipe à la tête du pays. ?Après quatre années, l?équipe de Liverpool n?a pas réussi à remporter le championnat. Résultat, ils ont viré le manager, Gérard Houllier?, déclare Rama Sithanen.
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