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Rama Sithanen : ?Le chiffre réel du chômage n?est pas 10,2 %?
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Rama Sithanen : ?Le chiffre réel du chômage n?est pas 10,2 %?
RAMA SITHANEN, responsable de la commission économique du Parti travailliste, invite l?électorat de Piton-Rivière-du-Rempart à sanctionner le gouvernement pour sa ?mauvaise gestion de l?économie?. C?est ce qui ressort d?un point de presse qu?il a animé, hier, sur l?actualité économique. Il s?inspirait de plusieurs documents publiés récemment, dont le rapport annuel de la Banque de Maurice.
Pour Rama Sithanen, l?économie est un thème de campagne important dans le cadre de l?élection partielle, et, dit-il, les électeurs devraient en tenir compte avant de faire leur choix. Il estime qu?une analyse de l?évolution des principaux paramètres économiques débouche sur un ?constat d?échec?.
Ainsi, poursuit-il, cinq principaux problèmes minent l?économie et le gouvernement ?semble? être incapable de redresser la situation. ?Le chômage progresse, le déficit budgétaire demeure élevé, la dette publique s?aggrave, l?investissement privé baisse et le pays est aussi en train de perdre la bataille de la productivité.?
Selon le Parti travailliste, les deux problèmes les plus graves sont le chômage qui touche plus directement et plus immédiatement la population et la dette publique qui sera un fardeau pour les générations à venir. Rama Sithanen ajoute que le chômage est également une source de préoccupation pour la Banque de Maurice qui en fait état dans son rapport annuel publié récemment.
Chiffre officiel déformé
Pour le porte-parole du Parti travailliste, le taux ?réel? du chômage est proche de 11,2 % tandis que le chiffre avancé par le Central Statistics Office (CSO) est de 10,2%. Pour lui, le chiffre officiel a été déformé par le fait que les quelque 10 000 employés de l?industrie sucrière, qui sont partis à la retraite, n?ont pas été comptabilisés.
Cela n?est pas juste, soutient-il, car ces personnes sont toujours à la recherche d?un emploi. Ainsi, si on les avait comptés, le nombre de chômeurs aurait été de 64 300 et non de 54 300, poursuit Rama Sithanen. Il ajoute que le tableau se noircit davantage si on compte les 1 500 employés de Summit Textiles, qui sont sur le point de perdre leur emploi.
?Bérenger avait promis de relancer l?emploi, il a relancé le chômage?, résume Sithanen. Alors que le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a affirmé récemment que des milliers d?emplois ont été créés, Rama Sithanen fait ressortir que l?important est de voir le nombre net d?emplois créés, soit la différence entre les emplois perdus et ceux créés. Et sur ce plan, affirme-t-il, la moyenne annuelle a été de 4 600 entre 1996 et 2000 tandis qu?entre 2000 et 2003 la moyenne d?emplois nets créés est de 3 900.
Sur le plan de la dette, le porte-parole du Parti travailliste fait ressortir qu?elle a augmenté plus vite ces trois dernières années que sous le régime travailliste de 1996 à 2000. La dette du gouvernement central, dit-il, avait augmenté de Rs 29,3 milliards durant les cinq années d?administration travailliste, tandis qu?elle a augmenté de Rs 38 milliards en trois ans seulement sous le gouvernement MSM-MMM. ?La dette du gouvernement central a atteint Rs 95 milliards en 2003, ce qui représente 63,5 % du produit intérieur brut, alors qu?elle était de Rs 56 milliards en 2000, soit 50,1% du PIB.?
La dette publique, qui inclut aussi celle des organismes para-publics, a atteint Rs 113 milliards en 2003, ce qui représente 75% du PIB. ?Ce taux est plus que dangereux. C?est le problème le plus grave de l?économie et ce sont les générations et les gouvernements futurs qui auront à rembourser cette dette.?
Par ailleurs, le porte-parole du Parti travailliste avance que le déficit budgétaire reste élevé, à 6%, et que le Fonds monétaire international s?en inquiète. Le déficit budgétaire, dit-il, est passé de Rs 4 milliards en l?an 2000 à Rs 9,1 milliards cette année.
Fin des grands chantiers
Sur le plan de l?investissement, continue Rama Sithanen, la situation n?est guère plus brillante. L?investissement total est passé de 25,3 % du PIB à 22,5 %. Ce qui est plus grave, dit-il, c?est que la part de l?investissement privé a diminué pour atteindre 13,3 % du PIB. Avec la fin des grands chantiers de l?Etat, ?l?investissement devrait subir une nouvelle baisse?. La part de l?investissement de la zone franche est également en baisse, passant de 6,1 % à 4,7 % en 2002. Pour Rama Sithanen, cette tendance est inquiétante à un moment où la zone franche aurait dû investir massivement pour sa modernisation et sa survie.
Un nouvel élément s?est ajouté à l?analyse économique du Parti travailliste : la productivité. Un récent rapport du CSO indique que celle-ci est en déclin. ?La productivité de la main-d??uvre est passée de 8,2 % en 2000 à 1,7 % en 2002; celle du capital de 3,9 % à ?2,3 %; et la productivité multifactorielle est passée de 4,7 % à ? 1,3 % durant la même période.?
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