Publicité

Ralph Lauren tire sa révérence en braderie

24 décembre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Des prix à faire pâlir les marchands ambulants. De Curepipe à Arsenal, c?est la liquidation des produits Ralph Lauren. Car jugement de la Cour suprême oblige, tout vêtement arborant le fameux logo américain sera interdit à la commercialisation dès le 1er janvier 2005. Les boutiques spécialisées multiplient les soldes pour se débarrasser de leur stock. Au risque de se retrouver dans l?illégalité.

A l?entrée du village d?Arsenal, le fief local de la marque, les boutiques Ralph Lauren foisonnent. Les pancartes sont partout pour attirer le client, même sur un tamarinier, en bordure de route. Soldes. 50 % de réduction. Tout à Rs 200? pour un fameux logo.

Le Mauricien, friand de bonnes affaires, a l?embarras du choix. Un pantalon, frisant à la belle époque les Rs 1 500, cherche preneur à Rs 300. La chemise est disponible à Rs 200 contre Rs 600. Et pour la même somme, des cravates à divers motifs. Des pull-overs à Rs 300 alors que pour ces dames, tout est à Rs 200.

Chauffeur de taxi opérant à Quatre-Bornes, Nand Persand erre entre les rayons d?une boutique, les bras chargés. Une première pour celui qui, des années durant, a déposé des touristes au portillon de ces magasins à travers le pays. Sans pour autant y mettre les pieds. «A Rs 200 le produit, c?est intéressant», explique-t-il, en palpant le tissu d?une chemise.

ÉCHÉANCE

La disparition commerciale de Ralph Lauren résulte d?une intense bataille juridique en Cour suprême, entamée par la maison-mère, sise aux États-Unis. En janvier 2004, David Robert Brown, vice-président de Polo Ralph Lauren, mène enquête dans le pays.

Et il obtient une injonction en Cour suprême visant à interdire la vente de ces produits, des «contrefaçons». Car les fabricants et commerçants ne détiennent pas la licence exclusive de la maison-mère.

A l?issue des tractations, entrecoupées de l?ordre interlocutoire du juge Paul Lam Shang Leen en leur faveur, la partie mauricienne a obtenu une dérogation jusqu?au 31 décembre pour se séparer de son stock. Au cas contraire, dès le 1er janvier, il faudra s?attendre à des saisies, en contravention du Copyright Act de 1997.

Cependant, la tâche s?annonce difficile. Gérant d?une luxueuse boutique, Satiam Mattapullut a démarré sa liquidation jeudi. D?emblée, il met l?accent sur l?incapacité de se débarrasser de ses milliers de pantalons, chemises et autres accessoires d?ici le 31 décembre. Or, l?Américain David Brown a refusé d?accorder un délai supplémentaire.

Mais d?une extrémité d?Arsenal à l?autre, le ton diffère. Yash Munhurun, gérant de deux boutiques, estime que le stock disparaîtra dans les délais. Chemises ou pantalons Ralph Lauren, tout est à Rs 200. La vente s?adresse aussi aux touristes.

La promotion, sans battage médiatique, attire. A l?instar de ce monsieur, scotché à son téléphone cellulaire : «Rs 200 la chemise je te dis! C?est super!» Ou encore ce jeune des Plaines-Wil- hems, en compagnie de sa famille, qui s?empresse d?entrer dans une boutique spécialisée. Lui, un habitué des habits griffés, ne pourrait louper une telle aubaine. «A un prix réduit de 50%, c?est pas mal du tout», précise-t-il, avant de s?engouffrer à l?intérieur du magasin.

Au bonheur du client succède le malheur du businessman. Car les douze coups de minuit, annonçant 2005, signe la fin d?un business lucratif. A la belle époque, boutiques et usines brassaient un chiffre d?affaires mensuel de Rs 200 millions. La tristesse est évidente quand une chemise achetée d?usine à Rs 200 trouvait acquéreur à Rs 600.

La disparition de Ralph Lauren ne clôt pas forcément la saga. Des procès en réclamation ont été intentés en Cour suprême. Des milliards?

Publicité