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Ralph Lauren réclame Rs 40 millions à deux compagnies locales

3 février 2004, 20:00

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LA COMPAGNIE Polo-Ralph Lauren, sise à New York, passe à l?attaque. Elle réclame des dommages de Rs 40 millions ?conjointement et solidairement? à Nundrajsing Dinoo et Umbro Ltée, de Flic-en-Flac, qui fabriquent et commercialisent des produits portant le célèbre logo. Pendant que l?affaire se jouait en cour hier, quelque 3 000 manifestants venus des quatre coins de l?île arpentaient les rues de Port-Louis pour manifester leur colère.

Les faits remontent à décembre dernier, date à laquelle la compagnie Polo-Ralph Lauren a demandé à Fakebusters Ltd d?inspecter des usines mauriciennes qui produisent des contrefaçons de la marque. Marcel Lapierre, qui représente Fakebusters Ltd, identifie alors Nundrajsing Dinoo et Umbro Ltée. Ces derniers, selon le plaignant, commercialisent à travers Maurice les produits Ralph Lauren sans autorisation.

Une image ?ternie?

Les investigations de Marcel Lapierre ont ensuite été examinées par le représentant du plaignant David Brown, lequel confirme que les produits mis en vente par les deux défendeurs sont contrefaits. Celui-ci veut en effet exploiter le marché mauricien mais la présence de ces imitations le font hésiter.

Selon lui, les compagnies incriminées ont enfreint la loi sur le copyright en lui causant des préjudices. Les produits mis sur le marché, dit-il, causent une ?confusion? dans l?esprit du public et des consommateurs. Nundrajsing Dinoo et Umnro Ltée auraient dès lors ?terni? son image en agissant de la sorte. L?affaire sera appelée en Cour suprême le 11 mars 2004.

Les manifestants n?attendront cependant pas cette date pour exprimer leur mécontentement. L?ambiance était électrique devant la Cour suprême. Après avoir déjà brandi leurs pancartes vendredi dernier contre la fermeture de 300 points de vente Ralph Lauren, cadres administratifs, ?cleaners? et vendeuses s?étaient ainsi donné rendez-vous devant l?instance juridique.

Il faut dire que la peur a gagné ces salariés. Ceux-ci craignent de perdre leur emploi depuis que la cour a émis vendredi un ordre intérimaire interdisant à la société mauricienne Captain-Tasman de commercialiser t-shirts, chemises, pantalons et autres produits de cette marque américaine à Maurice.

Ils étaient ainsi près de 3 000, majoritairement des jeunes filles, à descendre dans les rues de Port-Louis pour une marche pacifique. Pendant que la Cour suprême entendait notamment les arguments des hommes de loi de Captain-Tasman, les employés s?asseyaient à même le sol sur la route Pope Hennessy, bloquant la circulation.

Vives apprehensions

La police, mandée sur place, a alors eu fort à faire pour dévier les automobilistes. Les éléments féminins de la Special Supporting Unit (SSU) sont ensuite intervenus pour empêcher les manifestants d?effectuer leur sit-in dans l?enceinte de la Cour suprême.

Shalini, vendeuse à Arsenal, explique ses appréhensions : ?Je suis fille unique. Mes parents dépendent de moi pour vivre car le travail au champ est devenu trop dur pour eux. Comment vais-je faire si je perds mon emploi ?? demande-t-elle.

Diya, également vendeuse, raconte être rentrée chez Ralph Lauren après avoir quitté l?école secondaire. ?J?ai acheté pas mal d?articles à crédit dans des magasins. Ce serait un drame de tout perdre alors que je travaille corps et âme pour cette entreprise.?

Les manifestants sont épaulés par le mouvement Voice of Hindu. Les dirigeants de cette association ont rencontré tout récemment le Premier ministre, Paul Bérenger, pour réclamer son intervention depuis que la société américaine a signifié son intention de saisir la justice pour commercialisation illégale de cette marque à Maurice.

Durant la marche de protestation, des individus, qui prétendaient représenter l?association, ont incité les employés à de violentes sorties contre le Premier ministre, le vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, et le ministre du Commerce international, Jayen Cuttaree.

Les manifestants se sont ensuite dirigés vers le jardin de la Compagnie, où ils se sont arrêtés devant la statue de Manilall Doctor. Ajay Beegoo, directeur de Captain-Tasman, a alors pris la parole pour dire son soutien aux employés. Il se dit ainsi ?heureux? de la mobilisation ?car il faut envoyer un signal fort au gouvernement?.

Le directeur a également annoncé à ses salariés que l?affaire Ralph Lauren a été renvoyée en Cour suprême à vendredi prochain. Il les invite donc à descendre une fois encore dans les rues de Port-Louis à cette occasion.

Les manifestants ont ensuite emprunté la rue La Poudrière, où ils se sont attardés devant l?Osman Building pour critiquer les avocats de la société américaine. Des vendeuses ont alors laissé éclater leur colère en bloquant la porte d?entrée du bâtiment pendant plusieurs minutes.

La marche de protestation a pris fin au Champ-de-Mars sous un soleil de plomb.

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