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Résonance de notre enfance avec un double CD

3 octobre 2003, 20:00

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Un an après l?énorme succès de 16 ti morso nu lanfans et Ti Marmit, le Grup Abaim et ses petits protégés de Saturday Care nous reviennent d?ici à la fin du mois d?octobre avec un double CD pour redonner vie à notre patrimoine et à notre enfance.

Plus que quelques semaines à attendre avant que le deuxième opus du Grup Abaim et de ses chanteurs en herbe de Saturday Care ne bercent nos oreilles. «A travers personnage Ti Zan, nou pé développe boucou thèmes ek kikchose lor nou patrimoine ek nou la mizik,» assure Alain Muneean, membre fondateur et pillier du Grup Abaim.

Il faut dire que depuis samedi dernier, la centaine d?enfants de Saturday Care se succède au studio Scorpio à Petite-Rivière pour enregistrer les divers morceaux qui vont figurer sur ce double CD. Le lieu, transformé en une véritable cour de récréation, grouille de monde. Le Français, Ronan Cerclay, l?ingénieur du son est le maître des lieux. «Mo envie tout dimoune prend enn grand plaisir pou chanter,» demande-t-il avec son joli accent.

Ce nouvel opus du Grup Abaim va incontestablement faire des heureux. Les compositions sont remarquables. Notre oralité déploie ses ailes. Les voix sont fraîches. Elles se détachent avec une clarté rayonnante. Côté texte, c?est absolument irrésistible. Le talent de compositeur d?Alain Muneean, de Clifford Dahoo et des autres membres du Grup Abaim n?a pas fini de faire des merveilles.

A L?ÉCOUTE DE NOTRE PATRIMOINE

Depuis l?immense reconnaissance rendue au Grup Abaim l?année dernière avec 16 ti moso nou lanfans et le National Unity Award qui leur a été attribué en mars dernier, c?est tout le travail abattu durant ces quinze dernières années qui en sort gagnant. «Nou faire la mizik pou pousse enn certaine l?idée. Dépi ki noune gagne enn certaine reconnaissance, noune réalisé qui nou ti lor la bonne voie,» ajoute Marousia Bouvéry.

La médiatisation du Grup Abaim durant les douze mois écoulés, a certes été un coup d?accélérateur, mais elle a surtout permis aux différentes actions du groupe de sortir de l?ombre. Les divers ateliers organisés par ses membres avec les enfants, les jeunes, les aveugles et les malvoyants, attirent désormais les foules. Le Saturday Care accueille aujourd?hui une centaine d?enfants, un nombre qui a doublé depuis le succès de Ti Marmit.

Jouant avec le créole, sa sonorité et sa musicalité, le Grup Abaim se met à l?écoute de notre patrimoine. «Nou combat c?est pas enn combat pou faire zenfan passe l?examen, mais enn véhicule pou ki zot capav exprime zot convenablement,» précise Alain Muneean. «Grâce à la mizik, bane aveugles ek banne malvoyants ine réussi développe davantage zot capacité lékut, zot ine réussi trouve zot place dans société,» explique Jacques Finon, membre permanent du Grup Abaim.

Fort de la solidarité et de la sollicitude de ses membres, le Grup Abaim veut continuer à lutter pour que les sans-voix soient entendus, pour que «chak Mauricien éna so place dans la société.» Alors que résonne la ravanne du Grup Abaim, que son banjo, son harmonica et sa flûte donnent le rythme, notre créole et notre patrimoine sont certains de ne pas finir aux oubliettes. n

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