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Réalités locales de la Route de l?Esclave
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Réalités locales de la Route de l?Esclave
Pas que des symboles. Visite à l?Aapravasi Ghat. Tournée au Morne. Ali Moussa Iye, chef de section du dialogue interculturel, responsable du projet de la Route de l?esclave à l?Unesco, était chez nous durant la semaine écoulée.
Porteur d?un message. D?un état d?esprit. «Il est primordial de ne pas occulter la traite négrière et l?esclavage, ces faits historiques aussi tragiques qu?ils soient ne doivent, en aucun cas, être un obstacle à la paix et à la réconciliation entre les peuples.» Dans la foulée, il n?oublie pas les conditions de l?engagisme. Ni le fait qu?il y avait des esclaves d?origine indienne. L?historien Jocelyn Chan Low réaffirmait récemment le chiffre de 13 % de la population esclave, qui était originaire de l?Inde.
Le séjour d?Ali Moussa Iye aura, entre autres, servi à lancer un inventaire des lieux de mémoire liés à l?esclavage. Les lieux de marronnage ayant été coordonnés par Jocelyn Chan Low, qui est l?un des 20 membres du comité scientifique international du projet de la Route de l?Esclave. Objectif de ce comité : garantir l?approche objective et, si possible, consensuelle des problématiques de la Route de l?esclave et de conseiller l?Unesco sur les orientations du projet.
L?esclavage. Longtemps, «une histoire du silence», comme l?appelle l?historien. Une histoire écrite par l?élite coloniale. Qui ne sera mieux documentée qu?à partir de la décolonisation. «Il a fallu attendre la conférence de 1985 organisée à Maurice, celle de 1998, Esclavage et ses séquelles à l?université de Maurice». Ou encore, les travaux d?historiens locaux. Il cite Bitter sugar : sugar and slavery in 19th century Mauritius de Vijaya Teelock et Slaves, Freedmen, and Indentured Labourers in colonial Mauritius de Richard B. Allen.
Il souligne aussi que ce sont des images de la traite négrière dans les Caraïbes ou l?Amérique qui ont servi de modèle pour l?océan Indien, «alors que notre région a ses spécificités, ses réalités. C?est une traite qui s?est attachée aux réseaux déjà existants, et qui reposait sur les chefs arabes, les gujerati et pas seulement les Européens».
Durant son séjour, Ali Moussa Iye a aussi initié le centre de recherche sur l?esclavage et l?engagisme. En sus d?avoir inauguré une exposition qui a pour thème, Indian Ocean Slave Trade. Elle comprend une dizaine de tableaux retraçant l?histoire de la traite négrière, l?esclavage et son abolition ainsi que des objets allant des entraves de cheville, aux manilles de traite en passant par des débris d?assiettes, de pots et de bols provenant de l?épave du Coureur.
*L?exposition se tient à l?étage du musée de Port-Louis jusqu?au mercredi 17 septembre.
ROUTE DE L?ESCLAVE
Les chemins de la tolérance
Le projet «La route de l?esclave» a pour objectif de briser le silence, l?oubli autour de la question de la traite négrière et de l?esclavage. Que ce soit dans l?Atlantique, l?océan Indien et en Méditerranée, ses causes profondes. Il cherche à mettre en lumière, de manière objective les conséquences et, notamment, les interactions entre tous les peuples concernés d?Europe, d?Afrique, des Amériques et des Caraïbes.
Enfin, de contribuer à établir une culture de la tolérance et de coexistence pacifique des peuples. La route de l?esclave a été lancée en 1994, sur une proposition d?Haïti. Elle trouve sa source dans la prise de conscience de l?Unesco que le fait d?ignorer ou d?occulter des événements historiques majeurs peut constituer un obstacle à la compréhension mutuelle, à la réconciliation internationale.
L?esclavage est un symbole de négation des droits humains les plus élémentaires. Il s?agit pour ce projet de briser le silence qui entoure nombre de faits liés à l?esclavage, sa violence extrême, pour faire la paix avec cet épisode de l?histoire de l?humanité.
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