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Questions à?Penda Choppy,
Penda Choppy, les Seychelles viennent de célébrer avec faste leur 18e Festival Kreol. En tant que directrice de l?Institut Kreol, l?organisateur de cette manifestation, en êtes-vous satisfaite ?
Ce qui m?a fascinée au 18e festival qui vient de se terminer, c?est que pour la troisième année consécutive, le colloque organisé par l?Institut Kreol ? institut opérant sous l?égide du ministère des Collectivités locales-Sport et Culture ? a créé aussi un forum pour les grands débats autour du kreol mauricien. Il y a très peu de forums où l?on peut voir le ministre de la culture mauricien face à des défenseurs de la langue créole. Enn deba byen byen for. Mo pa krwar nu ti pu ena sa libertela pu koz kumsa ar nu minis.
Votre credo est, on le sait, le ?kreol?. Quel est le statut de cette langue aux Seychelles ?
La Constitution de la République a donné au kreol un statut égal à l?anglais et au français comme langues nationales. Ce sont trois langues nationales, mais non langues officielles.
Auriez-vous déjà fait le post mortem du Festival ? Etes-vous parvenus à d?autres développements majeurs ?
On est en plein post mortem. Mais, on peut déjà dire que ça a été une grande réussite, particulièrement pour le colloque international. J?avais choisi pour thème : kreol enn lalang dinamik dan lemonn. Je dois dire que les objectifs visés ont été atteints. Premièrement, nous sommes tous d?opinion qu?il faut à tout prix être au courant du développement linguistique et autres aspects sociologiques, de la situation des langues créoles dans le monde, incluant, bien sûr la littérature.
J?avais voulu, en deuxième résolution, relancer l?association Bann zill kreol, réunissant l?océan Indien et les Caraïbes, ainsi que la Louisiane et Haïti. Tous les représentants de ces îles au colloque l?ont accueillie favorablement.
Les enseignants du ?kreol ? aux Seychelles, reçoivent-ils une formation particulière ? Sinon, auriez-vous une résolution en ce sens ?
C?est une question qui me tient particulièrement à c?ur. Les nombreux débats et tables rondes auxquels participaient des linguistes du monde entier, tels Anna Gret Bollee, Salikoko Mufwene, Charles Mann, Dany Adone, qui est Mauricienne, Gillette Staudacher de La Réunion et bien d?autres, ont finalement reconnu la nécessité de cette résolution, et l?ont tous appuyée. Ce qui est un grand pas en avant.
L?espace-temps était-il suffisant pour que ce grand nombre de linguistes réunis puissent exposer leurs recherches personnelles ?
Non seulement les différents linguistes chercheurs ont pu exposer leurs recherches et faire des comparaisons, ils ont eu l?occasion soit de soutenir leurs théories ou de corriger leur tir. Nous qui travaillons au développement du kreol, nous avons pu saisir l?occasion donnée pour médiatiser la situation du kreol seychellois.
Est-ce que ces chercheurs contribuent directement au développement des communautés créoles ?
Au sujet du statut du kreol et de son usage professionnel, on a vu qu?il y a une grande exploitation de cette langue comme base pour la promotion personnelle parmi les chercheurs professionnels de la scène internationale. Ceux-là ne contribuent pas nécessairement au développement des communautés kreol.
Quel est votre regard sur d?autres aspects de ce 18e festival ?
Nous chantons toujours ?Victoria kapital kreol dan lemonn. Le festival nous a démontré que c?est vrai, surtout quand on voit le travail des Guadeloupéens, des groupes de l?océan Indien comme Ziskakan de la Réunion, ou même Serge Lebrasse, de Maurice. Bien sûr qu?au colloque, la plupart des communautés étaient représentées.
Les enfants ont des activités spéciales organisées particulièrement à leur intention. Le but est de faire découvrir leurs talents, mais toujours fondés sur leur identité culturelle. Il y avait des sessions de créativité organisées par le ministère de l?Education. Cela inclut le théâtre, les contes animés, la chanson, la poésie, les défilés de mode? Il y a aussi des concours d?élocution et des quiz. C?est l?occasion de découvrir leur capacité à débattre de thèmes courants, telle l?euthanasie. Cela démontre aussi l?étendue de leurs connaissances générales.
Pensez-vous qu?il faille améliorer certains aspects du festival ?
Il y a toujours des aspects que l?on peut améliorer, quelles que soient les activités. Au niveau de l?organisation, je pense qu?on peut faire mieux. Par exemple, lancer les activités beaucoup plus tôt, afin d?avoir le temps de bien les développer. Une des activités qui ont souffert du lancement tardif est le concours international des jeunes artistes. Il y a eu un manque de participation au niveau de la région.
Quels sont vos projets immédiats à l?Institut Kreol ?
Une de nos missions les plus importantes est de promouvoir l?édition. Nous préparons actuellement des manuscrits qui seront publiés. Parmi ceux-là, un recueil des histoires orales racontées par Samuel Accouche, qui était un grand conteur seychellois. Du côté de la linguistique, nous travaillons sur le dictionnaire monolingue kreol.
Propos recueillis par J. G.-A.
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