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Questions à? Mollie Macleod
● Quel est le but de votre visite à Maurice ?
Je suis invitée par le Public Officers Welfare Council et le groupe Rogers. Lundi, j?ai animé une conférence de deux heures sur le thème ?l?intervention en public? pour 50 fonctionnaires souhaitant mieux communiquer entre collègues et avec le public. Mardi, j?ai fait de même avec 18 cadres moyens et supérieurs du groupe Rogers, surtout préoccupés par l?intervention au pied levé, pour animer une réunion imprévue.
● Votre définition de l?intervention en public ?
C?est s?exprimer, de manière formelle ou très formelle, soit pour une présentation, une conférence ou même agir comme maître de cérémonie. Quand on doit penser et parler en même temps que des gens vous écoutent et vous jugent.
● Quelle est votre clientèle ?
Ceux qui vivent une transition, par exemple lors d?un changement de niveau professionnel, ou des étudiants préparant leur thèse ou leur doctorat.
● Qu?est-ce qui empêche les gens de s?exprimer en public ?
Bien des gens craignent d?être jugés, ce qui peut n?être qu?un imaginaire qu?ils projettent sur les autres. Parfois, des critiques réelles sont formulées. L?intervenant doit apprendre à les accepter, sans détruire sa propre confiance. Une autre forme de blocage consiste à éviter de parler une langue quand on ne la maîtrise pas.
● Vous consultez individuellement ou en groupe ?
Celui qui me consulte et moi parvenons ensemble à un consensus. Certains progressent mieux individuellement, pour d?autres, c?est différent.
● Quelles techniques utilisez-vous ?
Mon approche demeure pédagogique, et non thérapeutique, même si nous touchons un peu à la psychologie. Mes consultations sont à la fois théoriques et pratiques. Nous recherchons d?abord les raisons de la peur de s?exprimer en public, puis nous appliquons les stratégies pour y remédier. J?apprends aux gens à être conscients de leurs corps et de leurs postures, à mieux respirer pour débloquer leurs anxiétés, à affermir la voix par des exercices vocaux. Je fais comprendre que le temps ne doit pas être un couperet et que l?on doit absolument prendre le temps pour mieux s?exprimer. Que l?opinion d?autrui ne doit pas être un souci, afin de rester naturel. Je familiarise aussi à la pratique devant un groupe et provoque un véritable feed-back. J?utilise l?expression ?véritable? car les managers ont tendance à ne pas donner de feed-back. Les collègues tendent à féliciter leur homologue alors même que l?intervention était mauvaise. Moi, j?ai le recul et la distance nécessaires pour évaluer l?intervention en public.
● Ne pensez-vous pas que, malgré la technologie d?aujourd?hui, on communique toujours mal ?
Je crois que le besoin des échanges directs est énorme, malgré le développement technologique. Les nombreuses conférences dans le monde le démontrent. L?intervention en public a toujours constitué une peur majeure, les choses n?ont pas changé. On communique mal par peur d?être jugé. Cela peut remonter à l?enfance. Probablement on a été ridiculisé pendant une déclaration publique, ou que l?on vient d?une famille de silencieux.
● Quelle est la durée de votre cours ?
En règle générale, celui de 12 heures, quatre sessions de trois heures et travaux pratiques, donne les meilleurs résultats.
● Vous est-il arrivé de référer quelqu?un à un thérapeute ?
Oui. Dans chacun de mes cours, j?ai au moins une personne présentant une phobie, et je le réfère à un psychologue ou à un thérapeute pratiquant l?hypnose.
● Quelles sont les qualités de l?orateur exceptionnel ?
Celui qui a une présence physique, une bonne voix. Celui qui impose sans être arrogant, qui ?connecte? bien avec l?audience, qui sait écouter, qui a préparé minutieusement son intervention, qui sait l?adapter pour ne pas rester technique.
● N?importe qui peut donc l?être ?
Tout à fait. C?est une question de maîtrise des techniques. Mon message est le suivant : chacun, même les plus timides, doit avoir son propre style d?intervention en public, sans chercher à se comparer à d?autres. Ce style peut, et doit, être développé, ce qui peut être très bénéfique dans la progression d?une carrière.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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