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Questions à?Tanya Barron

5 octobre 2005, 00:00

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● Vous dirigez le Leonard Cheshire International depuis un an. Qu?est-ce que cela vous a apporté ?

Cet emploi est excitant à plus d?un titre : il me rapproche de l?Afrique, où j?ai travaillé dans le passé et englobe tous les handicaps. Mais, j?ai réalisé que cette organisation avait besoin de changements.

● Lesquels ?

Le Leonard Cheshire International existe depuis 50 ans en Grande-Bretagne. 85 % des services offerts sont non résidentiels : outre le résidentiel, nous offrons des centres de jour, des services de soins à domicile, entre autres. Mais au niveau mondial, les services des Leonard Cheshire ne sont que résidentiels. Je n?ai rien contre, car certains handicaps complexes nécessitent ce type de prise en charge. Toutefois, il y a aussi des handicapés qui souhaitent rester chez eux. Et entre les deux, il y a un vide. Je crois que notre organisation devrait être à l?écoute des désirs de la personne handicapée. Pas seulement de ceux qui sont en institution ? qui veulent un service sans cesse amélioré ? mais aussi ceux qui restent chez eux.

● Comment y parvenir ?

Par le biais du Inclusive Education Programme ou des Community-based Services. Ces services de réhabilitation sont offerts aux handicapés dans les centres les plus rapprochés de leurs domiciles. Notre objectif est de changer les attitudes envers le handicap et de fournir des services aux handicapés. Avant, des centaines de handicapés bénéficiaient de nos services. Aujour-d?hui, nous voulons changer les attitudes envers le handicap pour toucher des milliers de gens.

● Ces changements s?opéreront-ils aussi dans l?organisme mauricien ?

Oui, je trouve que l?organisme mauricien est un triomphe car il a pu maintenir un bon partenariat entre l?Etat et la société. Mais il y a deux changements à mener à Maurice : développer, sur une base pilote, un service de soins à domicile par un personnel qualifié et formé. Le Leonard Cheshire de Maurice peut proposer ce service à l?Etat, qui doit le reconnaître, le financer et s?occuper de son suivi. Le deuxième changement prendra plus de temps. Il concerne l?application du Inclusive Education Programme : une méthode d?enseignement où l?instituteur donne des cours à chaque enfant de sa classe en fonction de ses aptitudes. Pour cela, il faut ajouter un module spécialisé à la formation des instituteurs. Cette formule devrait les enthousiasmer. Le maître d?école noterait les changements visibles sur les résultats scolaires. A partir de là, le ministère de l?Education s?y intéressera. Ainsi les enfants handicapés non scolarisés pourront être éduqués.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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